Je me tourne vers le ciel et je perçois son souffle. Là-bas, au croisement, le regard s’est verticalisé. C’est le coeur ! C’est le coeur, me dit Platon. Mais où Maître ? Où cela ? Aux confluents des deux mers !

Nous aimons être normaux. Je ne sais pas vraiment ce que cela signifie, mais, il semblerait que cela soit ce que tout le monde recherche : la normalité. Penser se mesure à l’aune de la normalité. Pourtant, nous sommes en droit de nous demander : quand sortons-nous de la norme ? Quelle est donc cette plausible mesure ? Est-elle légitime, dès lors que le plus grand nombre d’entre nous nous l’impose comme seule possibilité d’être ? Spontanément, nous nous sentons proches de ceci plutôt que de cela. Le moineau, perché sur le portail de l’enclos réservé aux poules et au coq est naturellement là dans un mouvement grâcieux et perceptible uniquement pour le regard qui perçoit sa présence. L’âme s’évade dans l’imperceptible. Il n’est de normalité que la normalité. Je pose un pas, puis un autre. Les nuages arrivent comme les prémices de l’orage. Je me tourne vers le ciel et je perçois son souffle. Il est marqué par les traces d’un lexique que seuls les doués d’intelligence vont comprendre. Il me semble T’entendre m’appeler et mon coeur s’écorche de Te retrouver. Les mots sont raccourcis par les ondes glaciales de torpeur et à présent, Platon se moque des géomètres qui ne sont que géomètres. La Verticalité est Transcendance, un va-et-vient avec le lointain échange, nous dit-il avec beaucoup de gravité. Notre échange, Maître Bien-Aimé. Les larmes sont de joie avérée et les mots-grelots vibrent comme une incantation nouvellement née ! J’écris comme cela vient, mon diapason, ma réponse ! Merveille ! La verticalité n’est pas exclusivement un point ascendant, mais une Montagne soulevée et plantée en plein coeur du Ciel ! Rainer Maria Rilke dit : Ecrivez ! Ecrivez ! L’intention première de l’écriture zéro ! La flèche des mots est une cible et de nos deux mains, mon Ami, de nos deux mains, nous rions !