死亡不會停止愛

La mort
N’est pas la mort,
Allongé
Le corps
voit passer
Le souffle.
Le Nid !
Quel est le secret ?
Quand la nuit tombe,
J’ai vu le jour.
Est-il rêve
Dans la pénombre ?
Lumière !
Soudain,
Vol
L’amour.
Les ailes
Au repos
Aiment,
Sans trêve,
Ce que cachent les mots
,
Ombrés
Par la pâleur
De la neige.

Traduction du titre : La mort n’arrête pas l’amour

La douleur

La douleur nous tord depuis la délivrance dans le couloir de la mort, transformation lente, irrépressible, des feux de la morsure, des incendiaires brûlures, dilatation d’amour, pour que la fleur voit le jour. Traversée sur le pont qui nous appelle et de rejoindre le torrent, ou bien est-ce lui, l’invincible amour, noyade dans les turbulences du corps, l’humus cherchant le récipiendaire, cœur du souffre, mercure des alchimies de la matière, et voici que la lumière transperce le désir, et voici que la fleur surgit des flots.

L’embrasure d’une porte

Le jardin se recueille et il pleut des pétales de rosées sur le voile caressant du vent. Le mouvement s’y suspend, inlassable, comme une virgule s’épanchant, et dans l’embrasure d’une porte, le lointain rivage des feuilles caracolant à la bouche du ciel m’enlaçant.

Le thé

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Le thé est le temps de l’instantané, harmonie du rituel sur les bouillonnantes pensées circulaires et l’assise en ce sol lissé des entraves parcellaires, le geste retient le souffle, tandis qu’en cette apnée, l’humeur s’extraie et le roseau danse à peine sur le rouleau des roses éternelles. En cette coupe délicate, l’ancestrale mémoire relie l’herbe finement mûrie, et le goût s’efforce la retenue frémissante de l’eau, puis fusionne avec le corps dispos en cette paix.

L’encre au soleil

L’encre au soleil de tes années juvéniles clament encore, en ta maturité, l’enfance de ton cœur intouché par le malheur, et si sur le visage de ton âme, le corps trace des sentiers, c’est parce qu’un jour nous nous sommes rencontrés et c’est parce que toute la vie transpire et c’est en cette lueur que je t’écoute et m’assois auprès du regard de ton âme, celui qui fait frémir l’écorce du monde entier et je suis femme de t’avoir pleinement regardé, et quand tu vas, le sourire t’accompagne et le vent auréole le blé de tes cheveux éparpillés. L’amour a cette virilité dans le cœur de la femme, et l’amour est une intense atemporalité qui nous mène loin, tandis que l’esprit féconde les mondes nouveaux, les mondes qui sont aujourd’hui à se déployer. Ma plume trempe dans ton encrier.

Le soleil pleure des larmes

C’est le soleil qui pleure des larmes, et lors que je te vois arriver, lentement, le lac entier devient les miroitements d’effluves de milliers d’étoiles. Ta beauté singulière surgit, je le sais, des profondeurs de la terre, celle de tes ancêtres et, je le sais aussi, les muscs savants de ton boisé m’émeuvent jusque-là. Les arbres dansent et jamais je n’oublie la ferveur de tes yeux, plissés d’humour, de force aussi, la force d’un homme qui a vécu. Tout est puissant de chaque moment passé à te regarder. Le monde devient aussi large, aussi libre que le cœur en émoi d’une femme qui te voit. Puis la vie se vêt des couleurs de l’arbre, celui de l’envol secret, et je ne sais pas ne pas t’aimer, te balbutié-je, alors que le soleil verse sa pluie alentour.

Au milieu de l’océan

Troublante intimité qui de cette écorce vive au léger de ton frisson, vit et se révèle sans que le regard ne soit nouveau et tout chancelle à la seconde des fluidités de ton souffle, souffle, souffle, souffle, béat au milieu de l’océan, dans les rugissements tempétueux, et le silence qui file dans les tréfonds de l’écho, vibre jusque dans la mémoire que réanime le soubresaut, mais ne gît qu’un corps et l’âme te parle, et l’âme te dit le renouveau, l’âme te raconte l’histoire des corps, des feuilles, des feux et des vents qui apportent, qui apportent, qui apportent les nouvelles, et le rire qui s’éprend de la rencontre, et le rire qui surprend l’instant quand tout de cet intérieur chante, chante, chante, le mystère devenu lyre qu’ensemence l’éternel, et tout est en ce sens, à la mort venue, l’étreinte qui te dispense de l’appel, puisque l’horizon surgit des oraisons qu’un jardin invite, et c’est ainsi, et c’est ainsi, et c’est ainsi, tu deviens l’être anticipé, l’être du présent. Alors l’écoute est une vision.