L’amour 愛情

– Maître, faut-il se protéger de l’amour ? – Si tu te protèges de l’amour, c’est que tu le crains, et si tu le crains, crains-le fort ou n’y pense plus !

L’indifférence 漠不關心 (Mòbùguānxīn)

La vie s’empara de l’êtrePuis ondoyaDans les impalpablesQuand de la penséeL’insoutenableS’empressa d’apparaîtreLe maître m’enseignaJusqu’aux confins des ténèbresIl m’emmenaPuis dans les abyssesIl étreignit l’innommableJuqu’au parachèvementQuand des étoilesSurgit l’enchantementPoursuivi par l’inlassablePrédictionEt l’on vint par deuxPuis par quatreDans la cité Sans que rien n’attente à son âmeElle perçut les horizonsÉclaboussa les rivagesQu’un sable finCaressaJe vis sur le front […]

Les quatre saisons 四個季節 (Sì gè jìjié)

Je t’ai attendu sans t’attendre,J’ai marché sans bruit,Refaisant la nuit,Comme on refait la vie.J’ai soupiré l’églantine,La rose et le réséda,*Les fièvres du mimosa,Les spasmes du lilas,Les fleurs de l’oranger,Les feuilles de l’olivier,J’ai respiré les sempiternelsPétales qu’une neige au cœur feutréEst venue réanimer.J’ai bercé l’enfant,J’ai crié sauvage la délivrance.J’ai porté l’âme à mon âme,J’ai couru à […]

Je te vois toujours 我仍然看到你

Tous les pays traversésFont tempête sageEt OripeauxSur la grèveQuand du grisSort mon fougueux rêvePlis de l’hiverCette heureCelle qui n’en finit pasJe te revoisCelui qui vient vers moiL‘arbre te tend les brasJe te vois toujoursLe cœur comme la boussoleDu doux trépasVif mon amourDans la seconde mêmeEt les feuilles valsentL’instant à tes lèvresSonge de notre regard.

Lettres mortes

Je m’en vaisSans les mots,Défaite de toutes les voyelles,Juste avec mon pinceau,Et je brave les timides hirondellesQui s’en viendront bientôt.Je m’en vais,Courir les petits ruisseaux,Et tremper les consonnes,Afin qu’elles se parfument d’ambre,De paradis nocturnes,D’étranges morceaux,De notre chère lune,D’humeurs opportunes,Des bêtises de nos heures,Quand attirée par la lueurLes lettres se heurtentAux arbres, puis aux fleurs,Et voilà […]

La muse

De ce vœu,Jailli du fond d’un tiroir,Quand même s’essouffle le soir,Quand galope la nuit,Sur des coursiers qui traversent,Les derniers lambeaux ;Du vœuAssise, libreLibre, te dis-jeLibéréeDes collectives penséesMémoires effacéesLibre des lourdeurs digestives ;Du vœu,Comme l’immensité d’un regardIncisif et surprisDu vœu,Le matin quand tout dévoile,Le poète boit à la cascade,Ivre,De douces heures,De beauté éprise,Gouttes suaves,Au nectar d’or,Le […]