Dix mille pachydermes

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Dix mille pachydermes sont passés,
Mais aucun Baobab sur le chemin,
Le soleil effleure la savane,
Comment avez-vous survécu au déluge ?
D’une graine, dix mille encore égrènent,
Point de girafe au long cou,
Les caïmans pâlissent devant les pâturages verts,
Ne soyez pas ignares, les crocodiles le disent :
Quelques larves avérées et quelques criquets.
Non, ne soyez pas crédules !
Rien de tout cela n’a existé.
Comment ? Vous doutez ?
Je vous le dis de net : je ne vous crois pas.
Vous n’êtes ni ceci ni cela.
Avez-vous existé ?
Est-ce le parfait déni ?
Oui !
Je ne vous crois pas.
Mais vous, êtes-vous bien là ?
Comment, vous ne le savez pas ?

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Œuvre de Annie Walkowiak

6 réflexions sur “Dix mille pachydermes

  1. Lés éléphants rugueux, voyageurs lents et rudes
    Vont au pays natal à travers les déserts.

    D’un point de l’horizon, comme des masses brunes,
    Ils viennent, soulevant la poussière, et l’on voit,
    Pour ne point dévier du chemin le plus droit,
    Sous leur pied large et sûr crouler au loin les dunes.

    Celui qui tient la tête est un vieux chef. Son corps
    Est gercé comme un tronc que le temps ronge et mine
    Sa tête est comme un roc, et l’arc de son échine
    Se voûte puissamment à ses moindres efforts.

    Sans ralentir jamais et sans hâter sa marche,
    Il guide au but certain ses compagnons poudreux ;
    Et, creusant par derrière un sillon sablonneux,
    Les pèlerins massifs suivent leur patriarche.

    L’oreille en éventail, la trompe entre les dents,
    Ils cheminent, l’oeil clos. Leur ventre bat et fume,
    Et leur sueur dans l’air embrasé monte en brume ;
    Et bourdonnent autour mille insectes ardents.

    Mais qu’importent la soif et la mouche vorace,
    Et le soleil cuisant leur dos noir et plissé ?
    Ils rêvent en marchant du pays délaissé,
    Des forêts de figuiers où s’abrita leur race.

    Ils reverront le fleuve échappé des grands monts,
    Où nage en mugissant l’hippopotame énorme,
    Où, blanchis par la Lune et projetant leur forme,
    Ils descendaient pour boire en écrasant les joncs.

    Aussi, pleins de courage et de lenteur, ils passent
    Comme une ligne noire, au sable illimité ;
    Et le désert reprend son immobilité
    Quand les lourds voyageurs à l’horizon s’effacent.
    (Leconte de Lisle)

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