Lao Tseu

詩人知道如何在沒有弦的情況下彈奏豎琴,然後他知道如何回應那些聲稱沒有聽過音樂的人。

Le poète sait jouer sur une harpe sans cordes et il sait ensuite répondre à ceux qui prétendent n’avoir pas entendu la musique.

不需要教猴子爬樹。

Inutile d’apprendre aux singes de grimper aux arbres.

你的敵人是你最好的老師。

Votre ennemi est votre meilleur professeur.

Miroir 鏡子

Contemplation

Il aima porter loin la douceur exquise des vins d’un arbre intérieur et depuis des écorces vives surgissaient des feuillets sublimes tandis que le chemin traçait les profonds sillons d’une terre ancienne et les nuages volaient dans la proximité du cœur. Il prit une sorte d’enclume, mais l’outil appelait son violent marteau, alors, il jeta un regard furtif sur les sculptures de l’émouvante saison et s’empara plutôt d’une plume dont il trempa la pointe au milieu d’un bassin aux couleurs argentées. Il en fit du mercure, puis une ambre devint son livre. Il se mit à chanter, car le chemin formait soudain une roseraie, la pointe d’un Lotus, le chant d’un diamant. Mais il ne s’en tint pas là, car, il comprenait, depuis les brumes balbutiantes de son langage, qu’ainsi son esprit se raffinait. Il en vint à jeter la plume et l’encrier, car tout s’unissait en une seule larme, et de là, il vit poindre une folle herbe, une nervure instable, tandis que le vent soufflait. Il se pencha et de ses deux mains burinées, il forma un écrin protecteur. L’herbe sauvage se transforma en une plante plus vivace, tandis que son cœur était ivre. Il s’émut, car, la délicatesse de cette sage semence lui révélait à chaque étape d’indicibles secrets. Je ne puis vous faire plus récit déployé, car à l’image d’une graine, le semeur est conquis. Il contemple et se tait.

公案, gōng’àn

Incontinence mentale

閱讀和連結是永恆的事實。

Lire et relier, tel est le fait de l’intemporalité.

永遠不要讓自己被野兔超越。他不知道如何抓住他的尾巴。他的爪子走得很遠,他的耳朵對他毫無用處。

Ne te laisse jamais dépasser par un lièvre. Il ne sait pas attraper sa queue. Ses pattes vont loin, et ses oreilles ne lui servent à rien.

為什麼要害怕?人民的弱點來自於他們的無知。

Pourquoi avoir peur ? La faiblesse du peuple vient de son ignorance.

告訴我智慧 它承擔所有的臉,並沒有保留其中任何一個。走自己的路。

Qu’est-ce que la sagesse ? Elle prend tous les visages et n’en retient aucun. Suis ton chemin.

告訴我智慧. 輕風是一種以舒緩效果為特徵的微風。

Qu’est-ce que la sagesse ? Le vent léger est une brise caractérisée par son effet apaisant.

Miroir 鏡子

Le Chêne d’argent :

Du peu de chose, du peu de rien, du détail et des lendemains, lors des étreintes vives et des légèretés de nos phrases, car, de ne plus dire, est encore un langage, et de subtilités, nous marchons sans même nous retourner, tel est notre Destin. L’étoile au sein d’une multitude d’étoiles a inspiré l’instant et le ciel, en petites gouttes estivales, parfument nos pas sur le chemin. Quand le livre s’ouvre, lis-tu à l’endroit ou à l’envers ? Lustrales aurores et l’unique segment de lumière arrose le cœur d’un jardin. La Terre respire, la Terre nous livre sa présence au creux de la main, tandis que les hommes craignent sa colère, un enfant s’émerveille de sa grandeur. Un elfe des grandes forêts primordiales sème à l’horizon une guirlande de pétales, tandis que parle sagement le dernier vestige d’un homme crépusculaire. Nous sommes assis et je l’écoute durant trois jours et trois nuits.

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Soleil et Lune

La sagesse consiste à prendre le temps de peser toutes choses et de se laisser irriguer des réalités de la vie profonde. Vivre au rythme du pouls terrestre, regarder les nuages, les fleurs, tout cela ne peut être une anecdote en passant. Quand je le vis, je me lançais à corps perdu, à corps abandonné dans les bras de son étonnante magnanimité, dans les confins de sa préciosité. Cela peut sembler aussi fin qu’un cheveu, cela peut ressembler à un proton, l’effet d’une touche précise et délicate. Cela peut aussi ressembler à des milliers d’années-lumières, à une myriade de constellations, aux vents les plus improbables de millions d’étoiles. Tant que le soleil suit sa lune, que voulez-vous qu’il advienne ? Tant que la lune suit son soleil, que voulez-vous qu’il advienne ? Tant que l’Amour est la plus puissante des lumières, et qu’un orbite se met à poursuivre ce qui le poursuit, vous ne craignez rien et vous êtes forts de cette Joie incommensurable qui vous saisit perpétuellement. Celle-ci est le plus grand de tous les boucliers. Voyez comme la lune rit aux éclats, et comme le soleil est fidèle à son amante !

Echo au manque

Si tu ne m’avais manqué,
Aurai-je cherché à te trouver ?
Aurais-je pu inventorier les étoiles
Et apprendre le chemin ?

Quelle sagesse dans le manque,
Et quelle sagesse dans le désir !
Une corde à la taille,
Le souvenir de toi.

Je t’aime de tous les présents,
De chaque instant de toi,
Le souffle de l’absence,
Brisé par notre émoi.

Lê Phổ (né le 2 août 1907 à Hà Đông et mort le 12 décembre 2001 à Paris)

Trou noir

Si l’homme faisait silence, il entendrait vibrer la montagne, et si l’homme faisait silence, il entendrait l’univers entier chanter, et si l’homme faisait silence, il entendrait la voix de son cœur lui parler, et si l’homme faisait silence, il entendrait la vérité éclater dans l’appel même d’un trou noir.

Le cri tortueux des hommes

La plupart des gens tournent en rond et n’ont de l’élévation qu’une connaissance égotique. Tristes constations. Au sein de la Sagesse, nous ne sommes jamais seuls. La véritable solitude de l’homme consiste à croire que le néant l’engloutit et que ce monde n’a pas de sens, n’a pas même de finalité. Parfois, les hommes couvrent le réel de cris tortueux afin de camoufler leurs péchés. En vérité, le véritable péché consiste à enfouir la vérité. J’aime marcher dans la tranquillité du silence. Le silence est fidèle.

L’homme et le petit singe

L’ignorance a ses vertiges et le monde ses dérives. Quelles sont donc ces étiquettes que chacun déverse sur d’hypothétiques boîtes de conserves ? Plus que l’ignorance, la bêtise est l’éhontée méprise. Sommes-nous née dans un monde qui délimite la liberté, touchant du bout des doigts les plaies et les meurtrissures de nos âmes ? Les choix et les engagements sont monumental rapiéçage, l’inertie d’un puzzle poussiéreux. Alors, j’ai cherché ailleurs et ailleurs est devenu prodigiosité. Ailleurs a soulevé le monde qui s’est mis étonnement à tournoyer, libre comme une incroyable retrouvaille. La maturité est une connaissance savoureuse. Elle ne vient ni de l’insouciance ni de la négligence. Il n’y a pas de place pour cette sorte de vide. L’engagement est conscience. Mais le sage déserte la place publique et se retire loin, avec ses amis. Telle est la sagesse. Un homme tenait un petit singe dans ses bras comme l’on tient un précieux trésor. Une lumière vint à passer semblable à une féerie. L’homme l’appela aussitôt et lui tendit le petit singe, tout en demandant le secours. Mais la lumière attira l’homme et l’enveloppa comme il enveloppait son singe.