J’ai semé quelque soleil, Mais la semence était en moi-même, J’ai semé un ou deux sourires, C’était beaucoup de larmes, J’ai semé mon expir sans relâche, L’inspir était cosmique ; Chaque planète devenait un vertige, Les étoiles, des retrouvailles, L’univers s’inventait un jeu, Les ruisseaux clapotaient comme des rires, J’ai semé alors que l’on semait en moi-même, J’ouvrais mon corps sans limite, Il embrassait chaque chose, Et chaque chose l’embrassait ; J’ai semé les semences de notre âme, Ciel et terre tournoyaient ; Je Te voyais et me mettais à pleurer Tu disais : Je ne suis pas de ce monde Et je Te croyais, Oh ! Je Te voyais !
Lors que la chenille découvre son papillon, que se passe-t-il ? A-t-elle réellement disparue ? Découvre-t-elle le secret de son Trésor ? Que se passe-t-il si ce n’est l’apothéose d’Amour, l’ivresse de l’alchimie ? Que se passe-t-il encore ? Oh ! Exultation et ses deux ailes sont les écritures déployées dans la simple joie d’être ! Que se passe-t-il encore ? Méditation sur l’Oeuvre !
Je te disais : les egos ne se rencontrent pas. Seuls les esprits se reconnaissent et partagent leur pain quotidien. Je n’ai jamais cherché véritablement. Cela venait. Cela était la joie. Je voyageais jusqu’à rencontrer la petite fille de la favela, assise sur une marche, qui se laissait caresser par le doux rayonnement du soleil, le léger parfum du printemps. Un jour, je vis deux enfants, serrés l’un contre l’autre qui marchaient d’un bon pas pour rejoindre la maison où attendait leur mère. Ils étaient habillés de modestes survêtements, de vieilles baskets. Alors que je cherchais des bonbons dans mon sac, je les appelais. Ils me regardèrent en manifestant quelque étonnement, mais se rapprochèrent timidement. Je leur donnais les friandises et m’excusais de n’avoir que des bonbons à la menthe. Mais ils étaient contents. Non ! Je n’étais pas en France.
D’où cela te vient ? N’est-il pas une Source, Celle-même qui abreuve les assoiffés ?
L’audace d’Aimer ! Voici la plus difficile des réalités. Je parlais à mon amie : les mots se laissent dire, mais la réalité accomplie en nous est loin d’être aisée. Est-ce le défi du siècle ? Le meilleur de nous se trouve en cette fragile semence qui vient du fonds des âges. Lumière tremblante, étincelle à préserver et à faire fructifier ! Mon étincelle ! Mon étincelle ! Non, ne t’évanouis pas sous le poids de la quantité, sombre noirceur de l’humanité ! Non ! mon étincelle précieuse ! Feu ardent ! N’es-tu pas à brûler tout ce qui n’est pas le Vivant, tout ce qui n’est pas la Réalité ? J’ai ramené un feu ardent, une lumière et depuis celle-ci agit comme n’ayant jamais disparue. Où que tu sois, quel que soit l’étage où tu te trouves, un feu ardent s’embrase et te fait te révéler. Feu ? Oh ! Non pas celui que tu crois. Il est le germe de l’étreté. Ce qui a vocation d’être, d’apparaître. Tu le rencontres chaque jour, mais tu ne sais pas encore t’y arrêter. Tu en as peur. Oui ! Et je te donne raison, car cette Lumière est l’Illimité. Dès lors que la Lumière apparaît, plus rien des ténèbres ne saurait demeurer. Je ne parle pas de la lucidité, ni des contraires, ni de la tentaculaire dynamique. Non ! Il s’agit d’une Lumière qui englobe toute chose et, à toute chose, donne sa Réalité. Cela est la Merveille ! Alors, je le dis, ainsi, comme cela vient : aimer est l’acte d’être en sa quintessence et cela ne nous traverse pas sans avoir ses effets ! Mais, Ô Dieu, que c’est Bon ! Oui, que c’est Bon !
Nous le savons que ce monde va mal. Nous le traversons. Il faudrait être aveugle pour ne pas s’en apercevoir. Nous avons marché avec insouciance au milieu des arbres et pourtant, nous cherchions. Oui, cela se cherchait sauvagement. Une petite personne en nous pouvait s’indigner de ceci ou de cela. A treize ans, l’âge qui laisse poindre un être pensant et balbutiant, je commençais à me révolter, non pas contre ma famille que j’amourais avec un esprit unitaire et unitif, mais bien contre la médiocrité, le conformisme outrancier de la modernité. Je marchais longtemps, me perdant sur le chemin, exaltée jusqu’au bout des doigts, levant la tête, abandonnant mon coeur à l’extase. Cela venait et élargissait ma poitrine. Je marchais rêveusement jusqu’au Donjon. J’entrais dans la fameuse bibliothèque. Chaque fois était une première fois. Chaque fois, une étrange émotion nouait ma gorge. J’étais émue devant les étagères en bois, l’odeur des vieux livres. Je déambulais ainsi, longtemps avant d’oser poser la main sur un livre. Aujourd’hui, je marche encore et les livres sont souvent dans ma tête. Ils sont aussi les oiseaux perchés sur les arbres. Combien de fois, me suis-je trouvée tremblante d’Amour quand je voyais le printemps poindre à travers le vert tendre des bourgeons ? Oui, le monde va mal. Je ne comprends pas la méchanceté, la haine, la violence, le désir de dominer, de propriété. Je ne comprends pas les temples bâtis sur la mort. Je n’en veux aucun. Je pose mon front sur la Terre de tous les temps. Je m’agenouille et m’y incline en levant les mains en signe de reconnaissance. Les crimes, les ruines, la cruauté sont les bassesses de l’homme, bien révélées au grand jour. Je les appelle les menteurs ! Pourtant, je continue de marcher et la Joie profonde m’étreint. Elle est l’Amour ! Mes frères ! Unissons nos coeurs au sein du grand Temple ! Osons Aimer !
Aujourd’hui, les mots ont écarté les voiles, Ecartelés du souffle et de l’atemporalité, Et par ce suspend, il n’est plus d’autres singularités, A l’excellence des pages blanches, Trésor ! Trésor ! D’être morte, la vie a fusé, Entends-tu ? Le monde s’est déployé ! Ni les nuages, ni les ombres, Sans doute se sont-ils envolés, Aujourd’hui, le coeur ne cesse de chanter et de danser.