Se languir de l’indicible, Aux nuits les plus nocturnes, Air est ce parfum, Et quel langoureux parfum ! Si je Te touche, Je me languis bien plus, Si Tu me touches, Je m’évanouis, Depuis Ton Jardin, Ni joie ni douleur, Seule l’éclosion d’une Fleur, Ne me dis rien ! Combien Ton Silence est Présence ! Ne me dis rien ! Je ne sais plus, Et comment saurais-je ? La vie flotte si proche, si loin, Et dans la douleur, naissent tes étoiles, Pleines de Joie.
Il n’est pas beaucoup de rencontres sur cette Terre, et pourtant, elle les conjugue étonnement toutes, pour peu que nous y soyons attentifs. Il n’est donc point besoin de les cumuler ni de nous écrouler sous le poids de leur quantité ainsi que de leur superficialité engendrée. La Rencontre est une unité, unitive, faisant jaillir la profondeur, la connaissance de notre être, de la Vie, des différences, de la Raison même de la Manifestation. D’un point de vue métaphysique, la Rencontre est la Rencontre avec le Principe. Les yeux de l’âme rencontrent l’Âme. Ceci est ce qui révèle la Joie. L’une et l’Autre se voient et se reconnaissent. L’âme, état de grâce, mais aussi état d’humilité, par sa rencontre avec l’Âme, touchée par la Sagesse ainsi que l’Intelligence, transmise par effet de Lumière, entre dans le monde d’une conscience enseignante. L’a-t-elle cherchée ? Vient-on au monde avec ce feu ardent manifesté par l’Appel intérieur, ou bien ? Je crois que nous rencontrons tous le Principe supérieur, mais nous ne réagissons pas tous semblablement devant cette Réalité. Nous ne l’acceptons pas non plus de la même manière. Opacité, fermeture volontaire, déni, orgueil ? Nous sommes pourtant le vivant et le vivant a vocation de rencontrer le Vivant.
Nous sommes nés dans le regard, se disait-il inlassablement. Il le savait bien. Il n’est rien de plus bouleversant que cette présence de la Présence. Est-il un dédoublement possible qui permette à l’individu d’être conscient de cela ? Mais que peut bien signifier le regard qui rencontre l’autre regard ? Est-ce une sorte de bouleversement lié à la mémoire, cognement qui heurte le temps et l’espace ? Le voir lui avait fait vivre une émotion inconnue, indicible, une émotion, que disait-il ! La seule émotion incroyable. Le voir lui avait fait perdre connaissance ; l’avait dérouté ; l’avait troublé et il ne savait plus à quoi se raccrocher. Peut-être au regard, précisément et exclusivement à lui ? Il savait que c’était chose difficile que d’en rendre compte par les mots et que la plupart des gens se moquaient bien de ce genre d’expérience. Il le savait avec beaucoup de tristesse. Mais la joie qui le submergeait par l’extraordinaire enchantement qu’engendrait la violence du regard, par l’intensité sensorielle qui lui faisait verser des larmes abondantes, par le basculement du temps et de l’espace, par l’attouchement d’une présence réciproque, était par trop palpable pour oublier.