
Rencontrer est nécessairement le commencement d’un lien qui se tisse entre l’autre et soi. Il m’est apparu, assez singulièrement, que la rencontre est un acte contemplatif. Qu’entends-je par cela ? Si votre coeur sursaute c’est que vous reconnaissez l’autre qui est en vous. Mais sans doute, faut-il être entré dans la connaissance de soi pour enfin voir l’autre. Cette connaissance s’inscrit dans ce qui n’appartient ni à l’espace, ni au temps. Il n’est de vision possible qu’en son intériorité, qu’en notre intériorité. Si vous désirez voir l’autre, c’est que vous vous connaissez et n’éprouvez aucun besoin d’une quelconque reconnaissance. Vous êtes libres de vous-même. Vous êtes libres de l’autre. Vous vous êtes effacés de votre désir narcissique. Une sorte de révérence intérieure s’accomplit et vous cessez toute activité mentale ou émotionnelle pour entrer en résonnance avec l’autre. Bien entendu, vous pouvez avoir envie de fuir, car l’autre n’est pas un être bon. Oui, il n’est décidément pas bon. Tout de lui vous inspire une sorte de révulsion. Même si vous reconnaissez pleinement en lui sa réalité primordiale et essentielle, vous ne vous sentez pas lié immédiatement à lui. Quand j’évoque la rencontre, elle est de nature élévatrice et merveilleuse. Cela ne signifie pas que vous rencontrez la personne-sans-faute, non, mais, la Rencontre se fait quasiment à votre insu. Elle devient Révélation. L’Atemporalité vous offre cette approche dimensionnelle de très grande acuité. L’autre est alors Contemplation. Il m’apparaît clairement que la Vie elle-même est une Rencontre. Elle se déploie de façon exponentielle et nous ouvre ses pages mirifiques. Qui ne rencontre pas la vie ne peut prétendre rencontrer qui que ce soit. Or, nous pouvons rencontrer beaucoup de personnes et sans prononcer un seul mot, nous pouvons les garder précieusement en nous, dans le Jardin secret du Jardin de la Rencontre. L’as-tu saisi ?








