Le sage

Rive à la dérive,
Place à la déclasse,
Bien calé et décalé,
Plantureux puise à l’eau,
Il y a démence,
Et puis folie,
De rive en dérive,
A dos d’un bœuf,
Disparaît du monde :
Le délire est grand,
File au bras du vent,
Quand il est doux,
Ne pas sauter du pont,
Traverser les eaux en silence !
Le sage change sa monture en âne,
Mais le bœuf tressaute,
Sa joie d’être la bête de somme,
Tel disciple frémit de perdre le sage,
Quelques propos, je gage,
L’homme vient et surgit de loin,
Je l’ai vu assis sur un nuage,
Il fit ce simple rappel :
Seuls les pauvres et les démunis,
Vide besace,
Gardent le cœur loin des conjectures.
Quoi ?
Le sage se tait,
N’en prenez pas ombrage !

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Fleuve Jaune 黃河 (Huáng Hé)

Il te rencontra,
L’évidente nuit,
Par-delà l’éventail d’étoiles,
Aux confins des terres ancestrales,
Parsemée de lumière,
Et l’on tait le silence bouillonnant
De Huáng Hé,
Quand l’empereur saisit la main,
De l’épousée,

Là-bas,
Près de Kunlun*.

*Kunlun se situe dans la province du Qinghai, au nord-ouest de la République populaire de Chine. Il tire son nom du lac Qinghai, le plus grand lac salé du pays.

Yi king 易經

Les dents sont serrées
Sur le long fleuve.
L’épopée des lettres
Codées
Du parchemin
Qu’un vieux sage
Recueille.

La tradition chinoise fait remonter le Livre des Mutations à la découverte des trigrammes par Fuxi, (sur le dos d’une tortue) considéré comme le saint dont parle une phrase du commentaire Shiyi (Zhouyi Xici 周易.系辭) : « Du fleuve Jaune est sortie une image et de la [rivière] Luo un livre, un saint les a imités. » (河出图洛出书圣人则之 / 河出圖洛出書 聖人則之, héchūtú luòchūshū shèngrénzézhī)