Âme

Par le Souffle inné,
A l’aube où frémit la voix,
Par l’incandescence des sons retrouvés,
L’abîme d’un océan de clameur,
Epandues de lumière et de vérité,
Entends la nostalgie qui pleure !
Par le Souffle incantatoire !
Voici le corps hébété,
S’élevant d’un tire-d’aile,
Puis de surgissements soudain et de vagues éternelles,
A la source de la présence,
Ton Nom jaillit sans briser le Silence,
Aux oreilles émerveillées du cœur.
Là-bas, l’instant effleure l’espace réel,
Baigné de certitude palpable et de toute beauté.
Comme s’abolissent nos aspérités,
Montagnes aplanies par notre constance !
Comme sont vaines les hostilités !
Nous sommes nés puis nous sommes morts ;
Quant à l’âme, elle, Reine de majesté,
Vénérable et noble Amour,
S’émerveille encore de l’infini voyage,
Demeure si proche et si belle,
En rapporte ici ou là quelques nouvelles,
Après avoir saisi le secret de l’éternité.

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Les quatre saisons 四個季節 (Sì gè jìjié)

Je t’ai attendu sans t’attendre,
J’ai marché sans bruit,
Refaisant la nuit,
Comme on refait la vie.
J’ai soupiré l’églantine,
La rose et le réséda,*
Les fièvres du mimosa,
Les spasmes du lilas,
Les fleurs de l’oranger,
Les feuilles de l’olivier,
J’ai respiré les sempiternels
Pétales qu’une neige au cœur feutré

Est venue réanimer.
J’ai bercé l’enfant,
J’ai crié sauvage la délivrance.
J’ai porté l’âme à mon âme,
J’ai couru à l’aube de ton corps,
Puis j’ai semé les douceurs,
Que partage ton printemps.
J’ai souri et même mes pleurs
Sont devenus les ruisseaux de ma joie
J’ai brûlé mille fois,
Dans les gouffres du monde,

Puis j’ai quitté l’automne,
Avant que les douze coups ne sonnent,
Dans l’hiver qui me reste,
J’ai vu de nouveau le printemps
Il portait la couronne
Sur les cimes du grand silence,
Puis le chant devint permanent.
Tout avait lissé la campagne,
Le désert,
Les flux de l’océan,
L’écorce du noyau,
S’était fendu
:
La fleur se souvint,
Se gorgea de désir
Le vent dansa,
Dans l’effluve de sa lumière.
Je vins
Te pris les mains.
Viens,
Mon souvenir,
Mon devenir,
Les lucioles du chemin,
Les brises du jeu au souffle ardent,
Quand la paix est le cœur en paix,
Viens !
Je t’aime sans discontinuité
Je t’aime dans le vent léger du retour
Jamais je n’oublie
Je viens quand tu viens et je veux m’évanouir.




*Allusion au magnifique poème de Louis Aragon, La Rose et Le Réséda