Etonnement

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Tournoiement des Anges,
L’immensité s’ouvre,
Une danse, une ronde,
Nous vîmes le ciel s’activer,
Le vent en rafale ordonnée,
Aux branches du chêne,
Les herbes assoiffées,
Et la voix des nuages nous chante,
Et les ailes à la cime, une offrande,
La force d’une vague,
L’orage, une puissante entité,
Vision vibrant de l’intensité,
Tandis que le rire éclate,
La gorge d’un vallon exalté,
Et que j’aime, que j’aime cette heure féconde,
Le ciel ébaubi d’Amour enchanté,
Les corps s’élancent vers la vastité,
Et nos âmes entremêlées,
Parlent la même langue,
Le cri d’une victoire assurée,
Tandis que le rire continue de dévaler,
Notre complice immensité,
Ta venue s’annonce sans discontinuité,
Et l’on aimerait voler, voler,
Jusqu’à ne plus rien comprendre,
L’on aimerait se jeter,
Sur les flancs de Ton apogée,
Notre journée surprenante,
La pluie telle une nuée.

Correspondances XLVIII

Cher,

Il pleut aujourd’hui, une pluie fine sur la ville, une pluie caressante, une pluie chaude. Je me suis munie du parapluie pagode et j’ai marché au rythme de cette petite eau légère, descendue du ciel. Quelques gens sont sur les terrasses, sous les auvents, parfois sous les parasols. Je me demande s’ils affichent ainsi leur pass-sanitaire, ou s’ils ont vraiment envie de partager un moment, somme toute très public. Je ne sais pas. Cela m’indiffère. Je continue de marcher, portée par la petite pluie, l’âme un peu triste, les yeux en pluie, le cœur flottant avec les nuages. La ville rayonne sous l’averse. Les petites bulles chantent sur les pavés et les roses des jardins s’intensifient de couleur. Quand je suis sortie de la maison, la lavande ressemblait à un majestueux soleil pourpre. Je suis restée un moment à la regarder comme hypnotisée par sa générosité. Je lançai au ciel : Ne pleure pas ! Il me répondit : Ne pleure pas ! Nous étions à marcher sous la pluie, ensemble, bras dessus, bras dessous. J’avançais en hoquetant. Mais mon compagnon me secouait le bras. Ne pleure pas ! J’arrivai, enfin, devant, ces gens, les ivrognes, comme on les nomme et que je croisais souvent sur ce chemin. Je les regardais tous, un à un et leur souris derrière le voile de la pluie. Ils me saluèrent avec une telle révérence que j’en fus, une fois de plus, émue. Ils étaient nombreux aujourd’hui. L’un me dit : Votre parapluie est vraiment beau.Oui, c’est un parapluie pagode, lui répondis-je alors avec enthousiasme. C’est le parapluie ne pleure pas ! Nos regards étaient, une fois de plus, emplis d’Amour. Je les connais et ils me connaissent ; je les ai toujours salués. Seulement, aujourd’hui, ils étaient là pour que je ne pleure pas, eux, à boire debout, leur bière sans terrasse, mais tellement présents.

Votre B.

Sauterelle

Petite pluie du cœur,
Demande au vent de porter un message,
Dis-lui de venir,
Les roses pleurent de blancheur.

La sauterelle me parle de la lune,
Le saule fait une révérence,
Tandis que les mots luisent,
Dans le ciel des étoiles.

Les nuages froissent une feuille,
J’y écris mille fois,
Des points de suspension,
Que je ne retiens pas.

La pluie a semé sa Joie

Il est des moments de pluie qui nous parlent. Chaque goutte devient une douce confidence. L’éclat de la main cueillant les perles et l’on penche la tête pour entendre le chant d’amour. Telle beauté dévore l’insolente rébellion. Nous n’écoutons pas les rumeurs du monde et nous savons que la Sagesse est deux ailes équilibrées. Ni à droite, ni à gauche, et la mort effleure la vie, tout comme la vie effleure la mort, constamment. Maintenant, les yeux sont l’autre monde et ineffable voix de l’amour. Il nous encercle de Ses deux Mains, et tout a basculé. Le Souffle léger est le bruissement d’une Visite. Tout est Remerciements. Tout est sourire, car tout est bien.

Pluie

Quoi qu’il se passe, quoi qu’il advienne, la chevelure rougeoyante de l’âme est une perpétuelle poésie et qu’il faille demeurer seul, ou bien longer les méandres de la nostalgie, nous nous reposons définitivement étranger, traversant le sillon d’une phrase, s’y glissant, imperturbable. Que certains y croient ou n’y croient pas, qu’importe, puisque l’eau est vive de fines gouttelettes qu’une voix enchante. As-tu vu tout ce monde réfugié au fond des cavernes d’insouciance, ou bien est-ce la pluie qui les tient au fond de leur hébété silence ? Silence torturé d’indifférence n’est plus que larme sèche et n’est-il pas une multitude d’oiseaux sous les branches qui te surprennent et ce roitelet d’effluves encensées clamer la beauté ? Combien de mains as-tu serrées que tu as longtemps rencontrées ? L’on meurt comme des milliers d’étrangers, mais l’on vit d’avoir vécu la vie qu’une seule mort emporte. Quelle joie alors !