Vermeille

– Combien d’heures à T’aimer ?
– Comptes-tu avec Moi ?
Les étoiles sont fixes.

J’ouvris le recueil. Je fus saisie par l’Amour d’un tel et puis d’un autre, et encore toutes ces poignes de semences vermeilles, au goût odorant qui forment la trame. Leurs âmes sont tels des soleils et je bois au matin leur jus de grenade. Perles de Rosées des voyages successifs. Je sus que chaque monde avait donné sa quintessence. Sais-tu que ces semences, incrustées au corps de l’être, sont mes retrouvailles ? Et, je suis, au matin, à embrasser la Rose, à l’embrasser de notre semblable réminiscence. Comme les sources jaillissantes sont les ponts de notre intime secret ! Je m’assois auprès de ta floraison intense, le parfum de notre entente, l’arbre de notre êtreté, et nulle sentinelle, ni âpreté, tandis que le cœur s’en ira de ce monde avec la juteuse merveille, l’offrande rare du Temple, le long d’un jour où tout s’est révélé.

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Sculpture de Leonard Agathon (1841-1923)

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Cent lunes

Sans lune, l’enfer est un arc,
Que des mains malhabiles,
Bandent au gouffre sans fond.

Mais la lune offrit son arme subtile, au déclin d’un jour, secrètement, dans l’arrière-saison d’un Temple, notre souffle ; tandis que le cœur exprima à la lumière d’un corps, l’heureuse conversion. C’est ainsi que les êtres sublimes déferlèrent. Nous volions et leur chant nous portait sur les cimes du firmament. Nous les vîmes et les entendîmes, aussi clairement que l’eau renversant la roche des ruisseaux. Cent lunes les acclamèrent. Cent lunes les révélèrent.