Promenade

Promenade, le jour chante ;
Un oiseau raconte le soleil,
La chaleur de son chant.

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Confidence d’une fauvette

Le cœur d’une fauvette,
Me confie mille petits mots,
Le chant et la retenue.

Lente rêverie sur le sentier ; La solitude d’une réalité vibre au même moment et l’Amour creuse un sillon depuis la source jusqu’à la vallée. J’aime mourir à chaque instant. Le temps s’est arrêté. Il n’existe plus. Ô mort qui devient vie ! Ô mort, je sais que tu es vérité. Mort ! Qu’as-tu fais de moi ? La mort est Amour.

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Peinture de Juan Manuel Hernández

Héron

D’une segmentation s’amplifie la démonstration. Que l’on n’aille pas d’un morceau d’une étoffe saisir l’envergure d’un tissu. Pièce par pièce, le tableau se réduit. Quelle est donc la vue d’ensemble ? L’élargissement de la conscience.

Un Héron avait coutume de se tenir, longtemps, bien droit sur l’étendue d’eau, et du paysage auscultait la moindre herbe avoisinante. Depuis la ride que traçait l’eau, son regard façonnait tout un monde ; mais lorsque son amie la Sterne revenait des pays lointains, elle lui faisait le récit d’un voyage plutôt singulier. Alors, l’infime ride du miroir, où baignaient ses pattes, lui apparaissait, tantôt étriqué et tantôt d’une immensité incroyable, tout simplement parce que cette unique ride était l’interstice où plongeait son âme. Le Guêpier se posait sur la branche d’un arbre, à proximité de son frère le héron, et celui-ci s’étonnait d’être toujours aussi sensible aux couleurs chatoyantes du bel et distingué oiseau. Une abondance de textures, de sensations, de légers frémissements, le menaient inévitablement à l’immutable expression de la Beauté révélée et il levait sa patte avec une douce et grande élégance, tandis que l’univers entier s’écoulait, telle une couronne argentée, à la sommité d’une incroyable unité.

Miroir 鏡子

Où vais-je quand tout est là ? Les oiseaux s’en vont sur le lit ondulé des nuages, poursuivant le signe, qui de mon regard, soudain prend tout son sens, et du sens, il n’est que l’inédit. Chaque fois que les yeux voient, tout est de nouveau à sa place, immobile et suave. Où vais-je quand le cœur s’élargit de deux extraordinaires ailes, puissantes à l’infini, d’Amour toujours vivace et c’est là que je vis. Ouvre-toi, Simsimah, perle, joyau d’un jade contenant une merveilleuse grenade, une grenade cernée toute de noir. L’œil d’un oiseau mythique. Je le vis. Son regard m’étourdit. Il me tint en otage. Comment s’extraire de l’intensité de son Miroir ? L’œil entra dans le cœur du cœur. Il me parla durant mille ans et plus, et je l’écoutais dans le silence, car nulle oreille n’entend cet oiseau rare sans faire le sacrifice de son bavardage. Il me saisit tous les mots et tous les gestes. Je ne pus bouger, mais le désirai-je vraiment ? Quand il posa une de ses nombreuses ailes sur mon corps, je crus naviguer dans les eaux d’un océan d’Amour, celui d’où l’on ne revient pas et, s’y noyer c’est devenir lui, sans plus jamais être écartelée, car l’oiseau du Miroir me fit des confidences, de sorte que mon corps se transforma et de le voir flottant dans l’extrême étincelance, J’entrai de nouveau au sein de son regard, tourbillon apaisé de notre rencontre. Mais, il est des choses que l’on doit vivre pour les comprendre. Aussi, l’oiseau me serra d’avantage et extirpa de mon cœur toutes les dualités et me dit : Vois !

D’amour

Ils étaient deux dans le ciel,
S’enlaçaient tels des amants,
Je les suivais comme étourdie,
Ils étaient mon euphorie.

Ils étaient deux dans le vent,
Tournoyants indéfiniment,
Je riais de leur bras au firmament,
Ils étaient de grâce et d’étonnement.

J’étendis sur la plaine,
Des pas blanchis par leur trace,
Je leur confiais un mot ou deux,
Ils étaient d’amour amoureux.