Pétales sur la rosée

Insensibilité du geste,
Injuste cruauté,
Mais les pétales sur la rosée,
Ne se sont point rebellées.

J’ai levé la main,
Pour m’éprendre du matin,
Il a chanté,
La grâce.

Le sourire nous engage,
Le cœur est humain,
L’amour sans relâche,
Le souffle enivré.

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Correspondances XLVI

Peintre François Fressinier

Mon très cher,

Il me plait de vous lire et de trouver dans vos mots une vérité pleine d’innocence, comme au premier jour, parce que vos mots me parlent, vos mots me disent une certaine langueur, une multitude de questions. Même si nous partons comme nous venons, j’aimerais dire que tout se résume précisément à l’échange. Je suis particulièrement sensible à la spontanéité et tout ce qui se compose est propice à la décomposition. Tandis que ce qui surgit dans l’instant est le doux frémissement de la pureté. Quand j’étais adolescente, j’écrivais presque chaque jour sur un cahier et j’y notais non seulement mes pensées, mais aussi mes interrogations, mes fugues romantiques, mes élans amoureux et exaltés. Je pouvais retrouver toute une conversation et la noter mot à mot sans en rien oublier. Quand j’écoutais l’autre, je me disais : je vais retenir ce moment dans son jus le plus vrai. Je le retranscrirai fidèlement. Il m’était facile de saisir les mots, les intonations, les gestes, les moues, les regards. Je buvais le moment. Je buvais ceux que j’aimais avec le regard farouche et sauvage. Je les buvais pour les vivre encore et encore. Je ne cherchais rien en particulier, mais cela se manifestait à moi de cette façon, tout comme une musique, tout comme un morceau de musique que l’on désire retranscrire dans la magie des mots. Très tôt, j’étais sensible à la pureté. Je me disais que cela était ici, dans l’air, partout à la fois. C’était pur, c’était joyeux, c’était aussi grand que les univers. Dans ce journal, j’y inscrivais, à la plume incisive une promesse solennelle : ces choses, je sais qu’elles sont vraies et c’est elles que je chercherai au plus profond de mon être. J’y plongerai jusqu’à la folie s’il le faut. Pureté, Beauté, Vérité, Justice.

Votre B.

L’Empereur Huáng Dì

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Justice 正義 Zhèngyì

Comme il est coutume à la cour, l’empereur Huáng Dì recevait, chaque jour qui suivait la pleine lune, les doléances de tous les gens venus des quatre coins de l’empire. Depuis son plus jeune âge, l’empereur avait assisté à ces audiences avec la plus grande attention, conformément aux enseignements de ses maîtres. Chaque requête pouvait faire l’objet d’une enquête méticuleuse si le besoin s’en faisait ressentir. Il n’entendait léser personne de son droit. Parfois, il s’agissait de paysans venus à pieds de fort loin. Ils étaient souvent en litige avec des voisins peu scrupuleux et qui abusaient de la proximité de leur terre allouée pour commettre quelque larcins, ou bien, d’autres paysans avaient maille à partir avec le seigneur du district. D’autres fois, à son grand regret, l’empereur écoutait de bien sombres histoires, où il était question de femmes battues, d’autres coupables d’infidélité, ou bien de crimes terribles. Il lui fallait trancher avec droiture quand il était question d’enfants et cela le plongeait dans une grande perplexité. Pourtant, il ne dérogeait jamais au droit de chacun. Il entendait vraiment faire régner la justice. Fēng l’aidait beaucoup dans sa tâche. Quand l’empereur devinait la ladrerie et le mensonge, il proposait le rachat. Mille fois, il préférait que le coupable soit exempt d’une sentence punitive. Mais si ce dernier ne voulait rien entendre et prétendait même, contre toute logique, être une victime, alors l’empereur Huáng Dì faisait intervenir la cour suprême afin qu’elle délibère, preuves incontestables à l’appui. Le temps ne comptait pas pour lui.