L’année du cœur

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UNE ESTAMPE ORIGINALE DE GEKKO OGATA (1859-1920)

Chaque regard nous éloigne ou nous rapproche, et nous n’avons pas épuisé les éventails de ces rencontres infinies. Certains jardins respirent le parfum suave d’une orangeraie, la douceur entêtante des violettes, le contraste savant des pourpiers, le coton des pétales qu’une fleur féerique peut offrir au cœur du plus démuni. Connaissez-vous le jardin qui n’a jamais été foulé ? Il se situe dans un monde très précieux qui est celui de l’instant. Ouvrez grand les yeux. Le cœur trace des sillons entre les jardins.

Béatrice, ce premier mercredi de Janvier 2020

Le jardin

Saisissable dans l’insaisissable, parce que le jardin n’a pas de fin, et s’il commence, c’est qu’il est là depuis toujours et l’on y entre de l’avoir connu et ce jour-là, l’on voit les arbres, et ce jour-là, l’on en voit un, quelque part, lui aussi insaisissable, lui, qui se déploie sur la terre des reconnaissances, de toutes ses vraisemblances, et l’on en parle avec les possibilités infinies, parce que le jardin est une semence, semence douce pour l’humanité.

Au milieu de l’océan

Troublante intimité qui de cette écorce vive au léger de ton frisson, vit et se révèle sans que le regard ne soit nouveau et tout chancelle à la seconde des fluidités de ton souffle, souffle, souffle, souffle, béat au milieu de l’océan, dans les rugissements tempétueux, et le silence qui file dans les tréfonds de l’écho, vibre jusque dans la mémoire que réanime le soubresaut, mais ne gît qu’un corps et l’âme te parle, et l’âme te dit le renouveau, l’âme te raconte l’histoire des corps, des feuilles, des feux et des vents qui apportent, qui apportent, qui apportent les nouvelles, et le rire qui s’éprend de la rencontre, et le rire qui surprend l’instant quand tout de cet intérieur chante, chante, chante, le mystère devenu lyre qu’ensemence l’éternel, et tout est en ce sens, à la mort venue, l’étreinte qui te dispense de l’appel, puisque l’horizon surgit des oraisons qu’un jardin invite, et c’est ainsi, et c’est ainsi, et c’est ainsi, tu deviens l’être anticipé, l’être du présent. Alors l’écoute est une vision.

Le chat

Si je n’avais pas le cœur apaisé,
L’herbe envahirait tout le jardin,
Sauvage d’une pluie sur les toits.
Le chat imperméable sous son poil gris,
Rôde dans le grenier désert au milieu des objets,
Tandis que sur les feuilles veinées,
Le vert de ton cœur me rappelle que c’est la fin de l’été.