Folie

Il faut beaucoup de folie pour être un ami, car sans la folie, l’amitié se dissout dans les trivialités et mesquineries de la vie. Il faut beaucoup de folie pour aimer, et ne pas perdre son Amour, et il faut beaucoup de folie pour être dans le souffle même de l’Amour. Sans cette folie, sans cette exaltation de l’âme, sans cette foi en ce vide, qui se lancerait donc du haut d’une falaise sans craindre d’être fracassé par les lames d’une mer meurtrière ? Mais l’Amour vainc toutes les tiédeurs et donne au cœur une force qui au-delà de la douleur de l’Amour devient son Flambeau. Je te porte sur mon dos comme un fils porte son père, ou comme une mère qui ne lâche jamais son enfant. Je te porte par la lumière qui porte. La folie est lumière.

Grandeur d’âme

Je m’interroge sur la grandeur d’âme. Elle est aussi puissante qu’une rafale de vent, peut-être même bien plus semblable à l’ouragan qui ne rien n’épargne. Voici que file un voilier sur le miroir ondulé de l’océan. Telle peut m’apparaître la grandeur d’âme. Une lumière qui transperce de part en part la poitrine offerte à l’étendue d’eau. Sans doute que cette beauté de l’âme devient l’orage grandement menaçant pour tous ceux qui sont corrompus. La grandeur d’âme est un état d’être qui s’expose paradoxalement intransigeant dans la douceur ferme d’un cœur de lumière. Sans doute, s’agit-il aussi d’une droiture semblablement dressée tel le mât d’un navire. Cette grandeur, chez l’homme véritable, est le geste allié à la parole. L’homme passe et sa marche vous retient pour toujours.

Peinture de N. C. Wyeth (1882-1945)