Fleur

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Vase aux larges anses,
Du silence est votre fruit,
Cette fleur, votre langage.

Cette conscience tel un étage, du rubis à l’ombre de votre nuit, les étoiles tel un adage, l’or de votre nuit.

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A l’intérieur

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A l’intérieur, douceur,
Le cœur, ces pas vers Toi,
Chemin taillé dans la nuit.
A l’intérieur, lenteur,
Ivre d’avoir bu les roses
Pétale de fleur,
Infime,
Et ta voix qui creuse,
Me saisit :
Parfum de cerises,
A l’intérieur, libre,
Retenue par mes pas, bien retenus
Comme tu tournoies !
Gorgée de pluie,
Les simples fruits,
Laisse-moi T’aimer,
Sur le chemin de nos pas,
Tandis que les hautes herbes,
S’étonnent,
Le ciel vacille au-dessus,
Dis-moi,
Libre, je le suis !
Vol d’un papillon,
Libellule bleue,
Je ris et je pleure :
L’âme d’une femme n’est plus
Qu’une main,
Sur la joue rugueuse,
D’un soir et d’un matin,
La pendule et l’horloge,
Le cœur étreint
Mon Être Un.

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Peinture de Leon Frederic 1894

Pétale

Durablement éploré, léger, tel un velours consacré,
L’encre carmin des sous-bois, au pâturage sensible,
Assiégé des fragrances irisées et de toute beauté,
L’aile rubis d’un pétale ostensible,
Aux nervures d’un cycle que l’on a tant désiré,
Tel est le propos que soulève le vent incompressible,
Tout le long du jour, alors que le carmin enfiévré,
S’épanche de cambrure fragile et miscible,
Par les échancrures d’un voleté insaturé ;
Le poète erre sans feindre le mot submersible,
D’au loin, un coquelicot sur ma table, s’est posé.