To be or not to be

Être à être, telle est la cible. Ne pas être, tout en étant, et étant cet être, le voir être.

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Les mots sillons

Les mots ont tracé un sillon dans les nuages, et ils ont fait de moi une danse, mais, ils sont venus aussi en rangs serrés comme des farandoles m’ôter toutes les illusions et ont forcé le sens de l’avoir pour creuser ma folie au burin de mon être, mais les mots boivent encore dans les semences de chaque seconde qui passe pour me voir disparaître en un sentier sur lequel mes pas, croches noires et croches blanches font des bonds, ici et puis là-bas, jouant sans cesse. Par l’essence de l’être, les mots m’ont frappée et j’ai répondu à leur rire par leur rire. Les mots sont les papillons de mon corps, puis, ils me surprennent comme un moment crucial et par les mots, je jette les ponts qui nous relient, car les mots parlent et aiment provoquer. Ils sont avant nous, mais ils sont aussi ce « nous » par lesquels ils se bousculent allégrement et appellent de toute leur force comme pour renverser nos points de vue. Puis, les mots me poursuivent et je gage que je n’en finirai jamais avec eux. Ils sont des tourbillons de joie, révérence sur révérence et je les écoute comme on écoute une douce voix.

Le vide des mots, le plein de sens

Le vide du moi est le plein du Soi. Basculer est un état indépendant de notre volonté. Mais le rappeler est une grâce pour qui sait entendre. Des mots perdus, égarés dans les méandres de l’illusion, des tortionnaires idéologiques, puis des mots que l’on retrouve, intacts, riches d’eux-mêmes, dans la plénitude, épurés de nos égarements projetés en eux par notre trouble. Vider les mots, c’est nous libérer de nos projections, de leur usage pour entrer dans leur essence. Si l’on regarde la vacuité comme le vide de l’avoir, alors il s’agit du vide. Mais si l’on comprend le vide comme la délivrance de toutes les projections, alors c’est l’accueil en l’être. La plénitude, c’est recevoir.

Au milieu de l’océan

Troublante intimité qui de cette écorce vive au léger de ton frisson, vit et se révèle sans que le regard ne soit nouveau et tout chancelle à la seconde des fluidités de ton souffle, souffle, souffle, souffle, béat au milieu de l’océan, dans les rugissements tempétueux, et le silence qui file dans les tréfonds de l’écho, vibre jusque dans la mémoire que réanime le soubresaut, mais ne gît qu’un corps et l’âme te parle, et l’âme te dit le renouveau, l’âme te raconte l’histoire des corps, des feuilles, des feux et des vents qui apportent, qui apportent, qui apportent les nouvelles, et le rire qui s’éprend de la rencontre, et le rire qui surprend l’instant quand tout de cet intérieur chante, chante, chante, le mystère devenu lyre qu’ensemence l’éternel, et tout est en ce sens, à la mort venue, l’étreinte qui te dispense de l’appel, puisque l’horizon surgit des oraisons qu’un jardin invite, et c’est ainsi, et c’est ainsi, et c’est ainsi, tu deviens l’être anticipé, l’être du présent. Alors l’écoute est une vision.

Branchages

Le prunellier maints fois sourit à ces soleils gorgés de fruits tandis que tu passes par là. La simplicité de ta démarche, dans la brise, alors que l’oranger offre ses rondes gratitudes, me rappelle au monde de grâce. L’être enlace le mouvement des branchages. Furtif.