Essence

Voix élévatrice,
Le cœur répond :
Ai-je jamais été séparé ?

Là, mon ami, là, nous nous sommes rencontrés et depuis le là nous parlons. Nous rions aussi. Nos mains jointes, nous reconnaissons ce long et beau voyage. Chaque jour, nous avons cueilli un fruit bien mûr et chaque jour, nous avons été émerveillés. Mon ami, quelle joie ces douceurs qui se sont élevées jusqu’à l’essence ! Ou bien est-ce l’inverse ?

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Vermeille

– Combien d’heures à T’aimer ?
– Comptes-tu avec Moi ?
Les étoiles sont fixes.

J’ouvris le recueil. Je fus saisie par l’Amour d’un tel et puis d’un autre, et encore toutes ces poignes de semences vermeilles, au goût odorant qui forment la trame. Leurs âmes sont tels des soleils et je bois au matin leur jus de grenade. Perles de Rosées des voyages successifs. Je sus que chaque monde avait donné sa quintessence. Sais-tu que ces semences, incrustées au corps de l’être, sont mes retrouvailles ? Et, je suis, au matin, à embrasser la Rose, à l’embrasser de notre semblable réminiscence. Comme les sources jaillissantes sont les ponts de notre intime secret ! Je m’assois auprès de ta floraison intense, le parfum de notre entente, l’arbre de notre êtreté, et nulle sentinelle, ni âpreté, tandis que le cœur s’en ira de ce monde avec la juteuse merveille, l’offrande rare du Temple, le long d’un jour où tout s’est révélé.

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Sculpture de Leonard Agathon (1841-1923)

Sound of a rose

Ultimate solitude,
The wind and the rose.
The sound, a thousand words

Solitude ultime,
Le vent et la rose.
Entretien intime.

The flute touches the heart of a rose.

I know, said the rose, I know that solitude is my finality in this world.

Rose essence

Love is a poetry,
Words are its essence,
Flower, its joy.

When the Rose spoke, it wanted to know everything, Then the rose sweated and each dew became a name.They were endless streams. In the morning, The Rose laughed : I’m not alone. I’m not alone.

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L’Amour est poésie
Les mots, son essence
La fleur, sa joie.

Quand la Rose parla, elle voulut connaître chaque chose, alors, la Rose transpira et chaque rosée devint un nom.
C’était des ruisseaux sans fin.
Au matin, la Rose se mit à rire : Je ne suis pas seule. Je ne suis pas seule.

La cloche 鐘

Entends-tu l’univers t’appeler, dans l’accomplissement de la solitude ? Mille et une choses qui s’exposent et t’indiquent la certitude de l’essence. Je l’entends vibrer au-delà de tout ce qui est rendu visible, et comme ce qui est visible vibre au son de l’invisible, alors, j’entends la cloche qui tinte en chaque chose.

Femme

La plume est incisive des lucidités que l’on préfère taire quand la femme délivrée du narcissisme, des volontés de plaire, de son abîme, quand elle s’extrait des mains du marionnettiste, en elle, en ses jougs inopportuns, quand son âme s’épure des luttes sans fin, quand la parole volubile des babils s’étourdissent des asservissements du corps sous l’emprise, et que libre, libre, libre du regard destructeur, finalité sans fin, sens sans essence, de celui qui l’emprisonne, l’esprit en elle respire et jouit du flux de son être, quand l’âme virile n’est plus annihilée en son besoin de séduire, ni de dominer, quand la femme marche semblable à l’homme, devenu lui-même la femme des principes de gestation et de réception, son souffle devient le filet libérateur des jours de plénitude, des jours de son orchestration, ivre et nullement aux abois. Je ne suis pas ton objet, je suis ton autre toi…