Le caillou

Le caillou éclot telle une fleur. Celle-ci apparut sous la forme d’une rose. Or, le caillou s’émut d’avoir recélé semblable fleur. A la pointe du soulier, une minuscule ballerine, l’air se suspendit. L’on n’entendait rien des kilomètres à la ronde. Le regard se posa sur ce caillou qui se mit à parler à la jeune fille. Il changea de proportion, s’étendit partout. Me vois-tu ? interrogea-t-il. Le cœur de la jeune fille battait très fort. Elle avait toujours entendu l’appel des éléments, ceux des objets et même ceux des animaux. Tout de la vie lui semblait être un regard et celui-ci avait la puissance du langage. Elle n’était pas étonnée, mais elle ressentait en son cœur une exponentielle extase. Quelle pure merveille ! Lors qu’elle tendait les mains, cela la caressait. Les craquelures automnales libéraient les effluves de la terre. Ces senteurs la submergeaient et la vie se mettait à danser. Elle remercia le caillou, la rose et toute la puissante manifestation. Tout venait de ces roches qui s’humectaient de verdure ; tout venait de ces troncs d’arbres qui demeuraient immobiles et imposants. Plus loin, à des lieux inexprimables du temps, l’Arbre lui confia cette sagesse : Ne t’attache pas à ce qui passe ! L’écho retentit longtemps. Il marqua la jeune fille d’une empreinte indélébile. Les feuilles sont l’image vivante des cycles. Efface les feuilles, ne reste que le tronc. Puis, efface le tronc ; ne demeure plus que son image ! Puis, efface l’image ! Car, ton cœur vibre encore par elle. Efface donc les sensations ! Ne demeure plus qu’un lien entre toi et l’Arbre. Tel est le secret.

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Peinture de Nicholas Hely Hutchinson

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Le Maître dit

Chapitre VII, 8

Je n’enseigne pas celui qui ne s’efforce pas de comprendre ; je n’aide pas à parler celui qui ne s’efforce pas d’exprimer sa pensée. Si quelqu’un, après avoir entendu exposer la quatrième partie d’une question, ne peut comprendre par lui-même et exposer les trois autres parties, je ne l’enseigne plus.

Confucius

Enseignement 教學

L’on m’enseigna l’amour,
Je fus heureuse,
L’on m’enseigna la joie,
Je ne fus jamais malheureuse.

L’on m’enseigna le détachement,
Je fus libérée,
L’on m’enseigna les Arts,
Je voyageai.

L’on m’enseigna l’accueil,
Tous les univers furent mon jardin,
L’on m’enseigna le contentement,
Jamais je ne connus la frustration.

L’on m’enseigna l’épreuve,
Je fus sauvée,
L’on m’enseigna l’écoute,
J’entendis le silence.

La Vie 生活 (Shēnghuó)

Vie mêlée,
De nos instants,
Quand fugace,
Le souffle,
Nous parle de vérité,
Quand même,
Se lisse un monde,
Le sage avance,
Au-dessus de la ronde,
Morcelée,
Qui chavire,
Des étreintes,
Il se tient droit,
Parce qu’il sait l’humanité,
Au coin d’une rue,
L’éternité,
N’oublie pas !
Il a croisé ton chemin,
Et la mort ne tremble pas,
Elle s’offre avec la vie,
A la lueur d’un tabernacle.
Sens-tu ?
L’amour s’efface,
Devant l’improbable,
Puis revient,
Comme réalité,
Souvenir ineffable,
Sourire du corps abandonné,
Le temps s’est arrêté,
Quand la présence,
Est un visage de lune,
Dans l’indifférence,
L’âme impavide,
S’élance,
D’avoir aimé,
Bien aimé,
Le silence,
Et le cœur,
Sans peur,
Joue sans se consumer,
Près de l’âtre,
Quand tu vins à passer.