Miroir 鏡子 (22)

Chercheur de Lumière

Le cœur tissa une étoile, et le ciel l’entendit. Le fil faisait : frou, frou et les mains glissaient, à deux, à quatre, dans les profondes étendues obscures et le chercheur de lumière fut prompt à faire le mémorable arrêt ; il leva le regard au ciel et des milliers d’étoiles entendaient son cœur faire : frou, frou ! L’étoile filait de la soie à la couleur argentée et le ciel entendait la douce clameur. Elle virevoltait au son du jovial bonheur et les anges faisaient : frou, frou avec leurs ailes bruissantes comme un blanc nuage. Les montagnes d’un autre monde venaient les compagner telles les amies les plus graciles, tandis que la lune les contemplait sagement. Le chercheur entra dans la lumière et se mit à tournoyer. Il avait quitté, père, mère, enfants et même son chat sauvage. Sa robe faisait une ronde et l’on entendait : frou, frou ! Le ciel s’étonnait et finissait par jeter un léger voile pour cacher le chercheur. Celui-ci faisait : Raf, Raf et ondulait comme le voile d’une mariée. Notre homme se laissa guider par les chevelures de la Voie Lactée et les constellations se mirent à scintiller. Les cailloux blancs se mettaient à parler et s’ouvraient aux plus grands secrets. Je ne t’ai point imaginé, mais dans une sphère, tout me fut révélé. A ma Boussole, il sied de tout vérifier, mais, le Miroir fait état d’une ancestrale majesté. Par Elle, l’influence est grande. C’est en Elle que des myriades de lumières s’éteignent puis se renouvellent dans le regard des cœurs perlés.

Sur les ailes blanches

Peinture de Frederic Leighton

Sur les ailes blanches de mon Aimé,
Le ciel s’est effacé,
Tout comme l’hirondelle,
Sur la pointe écumeuse d’un océan,
Vague suave d’un aimant,
Et au bruissement que fit une ombelle,
Je renouvelais mon serment ;
L’ombre s’éclaira au firmament,
Et le temps d’un souffle,
Je fus certes conquise,
Evanouie à chaque instant.
Vision féconde est exquise,
C’est ainsi que cognent, à la porte de l’inconnu,
Les élans d’un puissant rayonnement,
Les geste, Oh combien souples,
Mêlant vaillance au sein d’un tourbillon.
Lors que le jour devient un verbe éloquent,
Je bois sans fin au soleil d’une Vestale ;
C’est ainsi que resplendit la douce brise,
Dans les tréfonds des pulsions d’un cristal.
Comprenne qui pourra,
J’aime d’être partie sans revenir,
Et bien que je marche seule, étrange ?
Contemplant chaque interstice,
Si je reviens, c’est bien d’avoir suivi un ange.
L’infime côtoie le grand,
Et comment voir, Oh comment voir ?
Par le trouble d’un éloquent zénith,
Alors que trône irrévocable,
Le seul sacrifice.
Ne rien prendre de ce monde,
Goûter à peine à l’offrande,
Vivre, puis, ce pont franchir,
Pour que demeure le cœur en laitance,
Jaillissant, Ô Volans !
Tandis que de l’âme, un océan est à surgir.
C’est dans le regard franc d’une biche,
Que commence son périple,
Et du voyage, elle connut Atlantide ;
Depuis les yeux de Neptune et Jupiter,
Le ciel devenait une danse,
Quel est donc ce Mystère,
Une folle arche sertie de semences ?
Quand son âme éveillée les écoutes,
Elle tremble de quitter ces blancs chevaliers.
C’est ainsi qu’une main bienveillante,
La tient sans jamais défaillir :
Au loin, veille Pluton.
L’accueil, certes, d’une autre rive,
Voici que s’épanchent les constellations,
Et d’une oraison à l’autre,
Je vis la Dame s’élever puis revenir,
Pérégrination qui dura une seconde,
Alors qu’elle lui sembla éternelle,
C’est là que s’accomplit la merveille,
Entrebâillement d’un autre monde,
Dans les entrelacs d’un battant.