Tortue

Tortue avance !
Injonction ou non,
Tortue ma sœur,
J’ai vu passer,
Deux ou trois tourtereaux,
Bientôt,
Nous irons en cadence,
Tortue, ma maison,
Ton pas délicat,
A l’éléphant,
Fais une révérence,
Ton regard surprend,
L’audacieux singe,
La gazelle et le lapin.
Du linéaire vivace,
L’ordinaire,
Ma limace,
Fais un bond ou deux !
Mais tortue,
Ton chemin n’est pas une disgrâce,
Je vois une tarentule ou deux,
Sache qu’au fond de mes yeux,
Le sourire écorche les brumes,
Le ciel et la lune,
Alors, ma sœur sans relâche,
Nous marchons toutes deux,
Sans jamais nous prendre au sérieux.

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Fil d’une trame

Fil d’antan,
Les jours de laine,
Fil à l’azur,
La porte et son pêne,
Précieuse à la gâche !
Ruban de coton,
Blancs moutons,
Mais défile les nœuds,
Le rêve s’élève,
Grâce des Cieux.
Puis, Dame à l’ouvrage,
Combien de feuilles valsent ?
Je tins une page,
Ton livre est un gage.
Comme une flambée,
Sans même retombée,
La tour des âmes,
Le tambour proclame,
Une pomme verte !
Il n’est pas de peine,
L’aube souveraine,
L’été s’effaçant,
L’heure est suprême.
Souviens-toi : je t’aime !

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Nous étions trois, et nous chantions, les soirées longues de nos quinze ans ; puis une année passe et le chant reste ; nous rions et nous continuons : (Petit clin d’œil.)

Le lapin

Image associée

Quand glissent les mots,
Il n’est plus aucun sursaut.
Sur le givre, j’ai posé mes mains.
J’ai fait deux ou trois pas avec entrain,
Puis j’ai ri au vent marin.
Monsieur le lapin est un farceur,
Mais il porte une robe plutôt blanche.
Quand je sème du foin,
Il revient.
Mais quand c’est de la luzerne,
Il ne comprend rien.
J’ai planté ma lanterne,
Comme on plante du romarin.
Et si de la roche surgit un chemin,
Je continue jusqu’au matin.
Ne riez pas !
Ceci est le saut d’un lapin.
Il n’a pas ouvert encore la besace,
Mais il va bon train.