Liang 亮

Bonne année Xīnnián hǎo 新年快樂

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Pendant près de quinze jours, avec Māmā, la maison était passée au crible. On avait sorti tous les ustensiles ménagers, marmites, casseroles et poêles ; les armoires avaient été vidées, nettoyées ; le linge lavé et séché, puis plié dans les petites malles et commodes qui étaient réservées à cet effet. C’est à quatre pattes qu’elle lavait le sol après l’avoir épousseté à l’aide d’un petit balai. Petit frère patientait devant tout ce remue-ménage et parfois, quand le soleil apparaissait au milieu des nuages, elle se donnait un temps de récréation et le faisait courir dans le pré en face de la maison. Tout le monde riait. Le village était en émulation. On suspendait les lanternes rouges ; on tendait des guirlandes en papier de même couleur. Le rouge prédominait partout. Maintenant, la maison respirait le bon, le frais. Quelque chose de léger flottait dans l’air. Zǔfù et Zǔmǔ avaient préparé les offrandes que l’on plaçait dans une assiette creuse. De l’encens brûlait sur le petit autel. La jeune fille avait découpé de jolis motifs qu’elle avait collé sur la fenêtre du salon. Le soir, elle racontait des vieilles légendes et Petit frère jetait la couverture sur son visage et se cachait sous le moelleux du lit. Alors, elle se mettait à le chatouiller et Māmā lui disait d’arrêter, parce qu’il sera trop excité pour dormir. Bientôt, le grand jour arriverait et la cérémonie serait joyeuse. La famille irait au temple et prononcerait ses vœux pour la nouvelle année. La nuit aura entendu les pétards et un repas serait servi avec joie, car la joie accueille la joie. Mais, la jeune fille avait le cœur serré et secrètement ses pensées s’étaient envolées jusqu’à Pékin, là, où Liang étudiait. Pensait-il encore à sa bonne amie, ou bien l’avait-il définitivement oubliée, noyé qu’il était dans la capitale ? Ô Liang, je fais semblant de rire. Est-ce mal ? Si tu n’es pas là, que m’importe que L’Empereur de Jade en personne entre dans la maison.

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Liang 亮

Tu as plissé tant de fois le front Liang, et les traces creusent des sillons. Nous sommes tous deux sur la terrasse, assoupis par les années qui passent, et nos vieilles jambes ressemblent à des feuilles de riz qui tremblent à l’arrière-saison. Je me souviens d’avoir couru tant de fois pour t’apporter le cǎomào* qui avait volé au vent et toi, tu me souriais, éternellement.

*Cǎomào, 草帽, chapeau de paille porté communément en Chine, et que l’on retrouve aussi en Corée, au Japon, au Vietnam…

L’empereur 黄帝 (Huáng Dì)

L’empereur avait la réputation de tenir trois séances par jour dans l’enceinte sacrée du Palais. A l’aube, au zénith, et le soir. Il avait établi cette coutume qui ancra les esprits les plus obscurcis dans le but de donner à la dynastie sa vérité intemporelle. Il était originaire des régions reculées de l’Asie, et avait été compénétré par les diverses sciences concernant les mouvements alternatifs des cycles de vie. Il connaissait la légende de Shîth qui reviendrait à la fin des temps du cycle actuel afin d’ouvrir les dernières portes des cinq royaumes. Il considéra que les esprits devaient se préparer à voir de nouveau la sagesse des mémoriaux et vertueux seigneurs percer malgré l’opacité des murs de Qī gè tǔdì (les sept terres). Le peuple n’est ni mauvais, ni bon en soi. Il est l’enfant rescapé des périodes antédiluviennes. Le monde s’était scindé en deux depuis plus de soixante dix mille ans. Chaque révolution solaire en atteste. Huáng Dì dictait à ses ministres les paroles de Fēng. L’on oubliait les origines de son pouvoir. Cependant, chaque nuit, celui-ci venait s’asseoir auprès de son Maître et selon les dispositions de l’empereur, la sagesse diffusait son oracle.

Il viendra le temps de la dispersion
Il viendra le temps de l’exposition
Comme il viendra le temps de la moisson
Quand les portes du monde intermédiaires s’ouvriront
Il soufflera un vent qui aura pour nom Àiqíng
Sa chaleur emportera les atomes du coeur
Fondu en Liú et les bons ainsi que les justes iront dans les pays des sept terres.

Fleuve Jaune 黃河 (Huáng Hé)

Il te rencontra,
L’évidente nuit,
Par-delà l’éventail d’étoiles,
Aux confins des terres ancestrales,
Parsemée de lumière,
Et l’on tait le silence bouillonnant
De Huáng Hé,
Quand l’empereur saisit la main,
De l’épousée,

Là-bas,
Près de Kunlun*.

*Kunlun se situe dans la province du Qinghai, au nord-ouest de la République populaire de Chine. Il tire son nom du lac Qinghai, le plus grand lac salé du pays.