Sur la main légère

Le merle ponctue le jour,
J’entends ces moments,
Il est le même sur la branche,
Je le reconnais,
A la nervure de son éloquence.
Il tend le gosier,
Il tend le bec entier.
Plumage d’ébène,
Escorte ses ailes,
L’entends-tu ?
Et le ciel s’émeut de sa constance,
Le tient en silence,
Sur la main légère,
Quand le jour fait un tour,
Le merle, en abondance,
Siffle les mots d’Amour,
Le cycle impromptu de douceur,
Et, sais-tu ?
Je l’écoute encore.

Trouve-moi

Si tu veux me trouver,
Entre en ce cœur brisé,
J’ai tenu les morceaux,
Puis j’ai dansé.
Si tu veux me voir,
Entre en mon étreinte,
Puis serre-moi de tes bras,
Sans compter
L’instant.
Si tu veux me connaître,
Observe l’hanneton, la fourmi et même l’oie,
Suis la légèreté du papillon sur la voie,
Puis sème au vent le chant Aimer.
Tu me trouveras dans les déchirures,
Aux soupiraux de nos rêves à Trois,
Entre l’églantier, la rose et le mimosa,
Tu me trouveras dans une larme,
Puis dans la voix qui s’exclame,
Au sein d’une longue invocation,
L’apesanteur sans douleur,
Le cristal d’une pleine lune,
L’écho du vent de douceur,
Et nous nous verrons, alors.
Qu’importe les brisures,
Voici que la voix est un pont,
Sur les coteaux aux grappes mûres,
Je cours sur le chemin,
La joie dans les bras…
M’entends-tu dans le la la la ?

Retour

Quelques bourgeons attrapés
Dans le murmure crépusculaire,
Quel était donc le chant des murailles,
Que signifiait le langage nébulaire,
Si de mélancolie mon souffle suspendu,
Au rossignol, les roses épandues,
Mon cœur s’était-il alangui ?
Ou bien était-ce l’aveu de nos mots consentis ?
Je suis rentrée dans le songe d’une gare,
Puis perdue, le chemin devint rose sauvage.
Perché très haut, il parla longtemps,
Et sa silhouette devint mon chant éperdu.

Les voix souterraines

Que de voix souterraines
Enterrées par les flots
Que de voix hurlantes
Saisies par les clameurs souveraines
Que de voix désarmantes
Dans l’oppression aveuglante
Que de germes en latence
Pour te rencontrer
Et que de putrides arrogances
Dans les mers déchiquetées
Mais que de fausses semblances
Qui tuent nos enfants

Et que de vaines paroles
Qui suffoquent d’avoir trop parlé
Coupables d’ignorances
Subversives à souhait
Voulant boire au vin d’innocence
Que de voix qui me hantent
Qui se sont effondrées
Dans les méandres
Insoupçonnées

Et que de voix qui me disent
Les douleurs de l’incohérence,
Quand la nuit est à tomber
Et que viennent les présages
Et que chantent nos âmes
Dans le cœur de l’aimé,
Sans être plus désarmés.

Les univers

A l’écorchure de la beauté poignante, l’émotion nouée de sanglots, épris d’amour voit passer durant une seconde, et rien d’autre, un rayon de lumière qui danse. Le cœur est pris en otage, puis étonné, il entend la voix lui murmurer : qu’est-ce donc que cette puissance qui donnent aux mots dilatés, la sève de nos jours ? Et qu’est-ce donc que ces sens qui vibrent des univers quand le monde éclot comme éclot la bouche et nous dit les simples choses, et nous dit ce que l’on apprend à poser sur l’évidence, au balancement du cosmos, géométrie de la ferveur et c’est bien le cœur qui appréhende le chant, ces myriades de notes, qui pleuvent encore sur les mots de l’offrande.