If

Réverbération intense,
Au secret du limon,
La prunelle des ifs.

Saisir ou être saisie ? L’instant frémit tout éternellement, et le pas allégé, comme surpris, s’exclame de tant de beauté. J’aimerais ne jamais oublier, ne jamais oublier, ne jamais oublier, la grâce et la légèreté. J’aimerais ne jamais m’assoupir, l’instant de la visite de mon Bien-Aimé.

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Arbre

Le corps à l’âme, uni,
Le corps à l’écorce vive,
La sève plus encore.

J’aimerais étendre mon âme au corps de Tes branches, ne jamais cesser d’élever le saisissement de Ta Rencontre, ne jamais faiblir dans les dédales du Ciel, ni même dans ceux de la tourmente. J’aimerais me coller aux parures de la Voûte, jusqu’au Dôme, essoufflée, écartelée du voyage vers Toi, arriver à l’Empyrée, aimante du chemin en Toi.

L’arbre

L’arbre parle,
Sous une voûte enlacée.
Un autre l’écoute.

***

L’intensité du moment arbre est époustouflant. Combien de fois son regard m’émeut. Je retiens mon souffle. J’entre en son apnée. L’arbre a un cœur, une longue histoire. Il devient humain. Que dis-je ! Il ne le devient pas : il l’est.

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Peinture de Tomás Sánchez Requeiro

Miroir 鏡子

Le Chêne d’argent :

Du peu de chose, du peu de rien, du détail et des lendemains, lors des étreintes vives et des légèretés de nos phrases, car, de ne plus dire, est encore un langage, et de subtilités, nous marchons sans même nous retourner, tel est notre Destin. L’étoile au sein d’une multitude d’étoiles a inspiré l’instant et le ciel, en petites gouttes estivales, parfument nos pas sur le chemin. Quand le livre s’ouvre, lis-tu à l’endroit ou à l’envers ? Lustrales aurores et l’unique segment de lumière arrose le cœur d’un jardin. La Terre respire, la Terre nous livre sa présence au creux de la main, tandis que les hommes craignent sa colère, un enfant s’émerveille de sa grandeur. Un elfe des grandes forêts primordiales sème à l’horizon une guirlande de pétales, tandis que parle sagement le dernier vestige d’un homme crépusculaire. Nous sommes assis et je l’écoute durant trois jours et trois nuits.

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Le verbe d’un arbre

N’ai-je pas déjà écrit sur l’épaisseur d’un tronc millénaire, et n’ai-je pas laissé le temps s’effacer par une grâce inextinguible et n’ai-je pas cessé d’exister pour trouver ce qui ne se dit plus, quand même remontent certaines effluves depuis l’éternel rappel de l’instant vermeil ? C’est au-dessus d’une montagne bleue que s’entendent les discours les plus culminants de la rencontre et si d’emblée, les mots ont leur transe, c’est qu’au rubis de leur secret, ils parlent de ce qui ne s’est jamais vu, ni même raconté. C’est là, dans le crucial instant que je vais, faisant le témoignage d’une réalité d’une autre réalité, quand même les ruptures de la connaissance ont l’effet d’une méconnaissance, l’on nous convie au moment le plus extrême de la certitude et tout parle comme pour nous envelopper et nous relayer dans le monde d’un autre monde. Quelle échappée des harmonieuses concordances quand le Tout s’est écrié et a irradié le cœur de la conscience ! Traversée épanchée de la reconnaissance. Ainsi parla le commencement, puis ainsi s’accorda la fin. Entre les deux, naquit l’enfant du présent, fécondé dans la pureté inégalée de la présence. Il parla. Il se mit à conter l’invraisemblable dans un monde figé. Je fus saisie par la douceur de son verbe et les larmes jaillirent des profondeurs d’une cascade incarnée.