Semence 種子(Zhǒngzǐ)

Semence !
Comme un ventre
Plein de lunes
Je t’emporte
Des germinations de joie
Quand puisent les semences d’autrefois
Semence !
En terre défrichée,
Le blé a poussé,
L’orge s’est exclamé,
Le maïs a chanté,
L’épeautre s’est épanché,
Des douceurs,
Du pain doré.
Semence !
Millet a perlé,
Du riz étagé,
Quand du foisonnement,
Colchiques dans les prés,
La vigne a flotté,
Sur les coteaux de nos aspirations,
Et non loin du rocher,
La rivière a joué.

Impétuosité 火熱 (Huǒrè)

Mille fois
L’on s’en va,
Et mille fois,
C’est encore là.
Que peux-tu
Contre l’impétuosité ?
Que peux-tu
Quand le jour s’est levé ?
J’aime autant marcher
Sur les bordures

Du temps exalté
Et de mes yeux égarés
Vivre sans rien mesurer.
Sans doute,
Je vais vers cet enfant,
Puis la main dans la main,
Nous parlons au silence
,
Puis, soudain,
Nos têtes se sont tournées,
Vers notre étrangeté.
Enfant !

La pression d’un instant,
Nous nous sommes envolés…

Aujourd’hui 今天 (Jīntiān)

Ne me demande rien
N’attends rien
Il est parti le temps du verbiage
Sur les cimes
Envolé
Au cœur de l’alchimie
Le corps aborde le rivage
Il fait de toute seconde
L’entente d’un autre âge
Et c’est parce que tu balbuties
Que tu ne saisis pas mon âge.
J’ai fini depuis longtemps
Aujourd’hui
Il n’est plus aucun besoin
Au Zénith, mon âme voyage
Elle a cessé d’appréhender
Ce qui réduit la plaine aux sillages
Mais combien
Porteuse des autres reliefs !
Je t’ai vu passer,
Je t’ai vu aimer,
Sans hésiter.
Maintenant,
Je suis dans les yeux,
De l’amoureux,
Maintenant,
Quelque chose,
Qui rit des conflits,
Abîme au présent,
Et si je suis partie,
Me voici arrivée
Dans l’inachevé de nos saisons,
Quand de notre évasion,
Elle voit l’horizon
Perdue de longueur,
Aujourd’hui,
L’infini ,
Demain n’a plus d’heure,
Hier est un leurre,
Ici, n’a jamais lieu
Toujours est une demeure.

Quatre bras 四臂 (Sì bì)

Quand je suis arrivée,
J’ai ouvert les yeux,
A un monde inconnu,
Il m’a pris à la gorge,
Il m’a laissée sans voix,
Mais quand je suis arrivée,
J’ai ouvert les yeux deux fois,
Mon cœur a frémi,
Mes poumons ont crié,
Mes doigts ont cherché,
Ma bouche a quémandé,
Et tu m’as nourrie,
Et le cœur a souri,
Et le silence m’a parlé,
Et l’amour m’a donné quatre bras.

Je t’ai reconnu 我認出你了*

La rue
Se dépeuple,
Comme bousculée,
Hâtivement,
Des surplus de la gente,
Quand vient en courant,
L’horloger.
Il devance,
La boussole,
Les points adjacents.
Il souffle aux arbres
Les derniers tourbillons,
Puis, s’en va en silence
S’effacer sur les monts,
Auréolées de brume.
Il ne résiste pas
A l’usure
Des pierres,
Puis, le vol des canards,
Au-dessus du fleuve,
Suspendu
,
Sans que rien ne l’émeuve,
Tandis que tu l’attrapes

Cet horloger du firmament,
Et doucement,
Tu lui dis : je t’ai reconnu.



* Prononciation : Wǒ rèn chū nǐle

La Vie 生活 (Shēnghuó)

Vie mêlée,
De nos instants,
Quand fugace,
Le souffle,
Nous parle de vérité,
Quand même,
Se lisse un monde,
Le sage avance,
Au-dessus de la ronde,
Morcelée,
Qui chavire,
Des étreintes,
Il se tient droit,
Parce qu’il sait l’humanité,
Au coin d’une rue,
L’éternité,
N’oublie pas !
Il a croisé ton chemin,
Et la mort ne tremble pas,
Elle s’offre avec la vie,
A la lueur d’un tabernacle.
Sens-tu ?
L’amour s’efface,
Devant l’improbable,
Puis revient,
Comme réalité,
Souvenir ineffable,
Sourire du corps abandonné,
Le temps s’est arrêté,
Quand la présence,
Est un visage de lune,
Dans l’indifférence,
L’âme impavide,
S’élance,
D’avoir aimé,
Bien aimé,
Le silence,
Et le cœur,
Sans peur,
Joue sans se consumer,
Près de l’âtre,
Quand tu vins à passer.