Correspondances XXXI

Cher,

Les êtres qui nous sont chers occupent l’espace de la plénitude et dans les touchers de leur complicité, nous sommes à les vivre sans perdre un seul des fruits de leur beauté. Alors, le silence est une véritable grâce, et l’amour fait succomber tout ce qui n’est pas amour. Eux nous apprennent, eux, dans leur patience, leur constance, leur présence, et ils nous donnent aussi à l’essentiel. Ils sont nos floraisons et ils sont aussi notre abandon. Auprès d’eux, nous avons suscité un monde, y compris à notre insu et nous les remercions. Ils sont autant de prétextes et de gestes pour être, auprès d’eux, et même éloignés d’eux. Ils ont dormi dans le bercement de nos bras et chauffer nos corps de leur cœur. Un être heureux est dans le pur moment et n’a besoin de rien. Alors que peut-il de plus ? Il a vu en lui tous les concepts et toutes sortes d’idéologies disparaître. Le monde nouveau est un monde créatif qui n’a aucune béquille pour apparaître, aucun doute pour avancer, aucune référence pour réussir. Quelle est cette possibilité à laquelle nous goûtons ? Quelle est donc cette émergence que rien n’atteint ? Quelle est cette force aussi qui nous unit ? Quelle est donc cette relation qui nous enrichit et nous délivre du faux ? Cher aimé, en ces moments de confinement, la vie s’observe sereinement, sans peur, sans projection, se découvrant chaque fois nouvelle. Sommes-nous parvenus à nous détacher de tout ? Sommes-nous parvenus à une terre intérieure totalement vierge et qui nous offre enfin la certitude ? De quelle certitude parlons-nous ? Voyez, les gens marchent encore dans la ville qui n’est décidément pas déserte. Dans nos campagnes et vallées, la vie n’a pas changé et les êtres que nous croisons sourient avec amour…

Je vous rejoins dans un moment.

Votre B.

Correspondances XXX

Cher,

Nous étions sur les sentiers printaniers de la France ; les ruisseaux courtisaient les pervenches, les violettes, fleurs préférées de ma tendre et douce mère et les herbes encore bien juvéniles. Nous avons fait les premiers bouquets de l’ail des ours. Plus loin, les jacinthes s’évaporaient des souvenirs odorants de notre enfance. Le fleuve bouillonnait et le vent valsait comme de coutume avec les branchages. La rumeur des villes semble nous parvenir avec l’effroi d’une froide indifférence. L’avez-vous constaté ? Quand même, les gens sont là à se ruer dans les brancards des magasins dévalisés, ils n’ont pour la plupart que le vide de leur cœur et le regard s’étonne du durcissement. Sur les bords de l’eau, quelques promeneurs avec le sourire et les mots bienveillants. Quel contraste ! Le vent nous a encore surpris et la liesse des jours que nous cultivons nous envahit et si nous devions mourir, nous aurons le cœur plein de reconnaissance éternelle. Je vous écris ces petits mots juste après que nous ayons enfin regagné notre maison. Le merle et la mésange nous accueillent avec le beau printemps au fond de leur chaud gosier. Que pouvons-nous faire si ce n’est garder l’âme légère et laisser jaillir les effets de la douceur ? La vie nous réserve encore bien des surprises. Venez vite nous rejoindre. Je vous attends patiemment.

Votre B qui vous affectionne.

Correspondances XXIX

Cher,

Le soleil atteint son paroxysme et bascule singulièrement au zénith de la nuit, prégnance de la lune réceptive. Quand nous jouions des heures entières dans la chambre, ma sœur et moi, l’enthousiasme quasi féerique élargissait les murs tandis que le pouvoir de la compénétration, celui de la présence, augmentait nos perceptions. Nous basculions alors toutes deux dans cette complice et magistrale intensité de l’instant. Il nous capturait et nous relâchait très tard le soir. Nous semblions redescendre, comme hébétées. Chaque seconde devenait l’univers agissant jusque dans les plus petites cellules de notre corps et le temps semblait se dissoudre en cette apnée. Respirions-nous encore le même air ? Je m’envolais sans pourtant perdre un seul instant de ma pleine lucidité. Il ne s’agissait pas d’imagination. Si je suis strictement honnête, je reconnais volontiers qu’il s’agissait plutôt de quelque chose qui se révélait à nous, avec cet accueil enchanteur que l’enfant saisit sans fioriture, sans détournement. Quand nous finissions par rejoindre nos parents ainsi que nos frères, je n’osais plus simplement parler de peur de rompre le charme. Je mangeais en douceur le repas du soir et observais les grains dilatés du pain. J’étais en cette vague qui me submergeait complètement et devenait mon écho résonant aux quatre coins du monde. Savez-vous qu’un jour, l’écho nous revient avec la maturité qui n’a jamais trahi l’enchanteur ? Je pense que la poésie nous invente et non le contraire. Elle nous enseigne et élargit sans cesse notre écho intérieur. L’origine est le poème qui touche à l’origine. Si vous écoutez le poème, il ne vous trompe pas. Le poète est l’écho du poème. Il en est aussi son témoin.

Bien à vous,

Votre B.

Correspondances XXVIII

Cher,

A l’intérieur, il est comme un point de rencontre, et c’est là que nous nous visitons. Sans cela, il n’est que projections. Il est vrai que l’instant est roi, tout comme le silence, tout comme les actes, tout comme le vivant, parce qu’il est une essence, et sans elle, que serions-nous ? Que serait par exemple le goût d’une orange, si son essence n’était pas celle d’une orange ? De même que serait le vent s’il n’avait pas sa qualité intrinsèque ? Une rencontre possède aussi son essence. Elle est n’a pas besoin d’une présence physique, mais surtout d’une soutenue intention. L’on cultive son morceau de terre, et nous le laissons aussi parler. La terre est palpable, tout comme elle ne l’est pas. Notre toucher correspond sans conteste à notre propre conscience de l’essence des choses. Goûtons à l’orange, respirons son parfum. Pourquoi nous est-il à la fois si familier et à la fois si étranger, renouvelé qu’il est en permanence dans sa singularité propre ? Si je ne vis pas l’orange en moi, je ne peux la vivre à l’extérieur de moi. Tout est une question de correspondances. A force d’être saisi par le silence, nous devenons le silence et de fait, nous entrons à l’intérieur de la perception du silence. L’intérieur est un déploiement de gestes, de non-gestes, de découvertes et de mystères. Je sais que l’orange est à me dire des choses sur moi-même, mais aussi en moi-même. Pourquoi ? Quand nous entrons en silence, nous entendons et nous touchons. Nous marchons avec, nous parlons avec. Nous ne sommes pas à nous réduire. Nous sommes à accueillir. Tout ce qui vient de l’essence est vérité. Je n’en doute pas une seule seconde. Alors, nous ne sommes jamais des étrangers l’un pour l’autre. Nous sommes le pur moment qui regarde le moment, puis qui regarde encore dans le regard qui est l’essence même du regard.

Votre B.

Correspondances XXVII

Cher,

Certaines promenades n’ont jamais de fin, ne semblent jamais commencer, nous apprennent à regarder le sentier, les traces du vivant dans les poussières, dans les froidures de la nuit, quand l’on entend le dernier chant d’un oiseau égaré, quand l’errance n’est plus torpeur, dans la grandeur de la solitude, que les mondes se rencontrent sous la forme d’une longue révérence et que notre cœur devient léger depuis la hauteur d’une lune qui courtise un soleil facétieux. Je vous ai longtemps regardé, comme définitivement liée à votre être, et l’univers entier tournoie, ivre de ce qui ne sait se limiter et je puis vous l’exprimer, en petite rosées fines, posées à l’aube sur le bec délicat d’un pinson qui nous suit depuis le soir. Sur le mur d’en face, l’arbre (vous savez, le lilas) nous dit bonjour et je le salue. Les moineaux bavardent et je les rejoins. Ce moment printanier dans les branchages d’hiver est une douce faveur. Bien sûr, je ne sais pas ne pas aimer et quand la nuit se dissout dans le jour, je rencontre de nouveau ce sentier, puis le marronnier, le platane, le chêne, le saule près du ruisseau, l’érable, les joncs et quelques prunelliers. Oui, mon cher ami, la promenade est comme une perpétuelle envolée et notre amour a élargi l’espace, les cellules de notre chair, les clapotis de lumière, les terres sans limite, notre mémoire continue. L’instant est pure joie. La vie est notre parchemin. Il n’y manque rien.

Correspondances XXVI

Cher,

Nous aimons paisiblement nos retrouvailles le soir, quand de l’aube, tel le flambeau du jour, vous accueillez nos aspirations. Nous avons fréquenté le monde, tous ces gens qui semblaient s’engager fiévreusement sous toutes les latitudes et puisaient dans les réserves putrides de leurs mensonges. Nous avons regardé les gens animés sourdement de faconde, sans vraiment y croire. Nous avons traversé les sphères les plus insolites, allant jusqu’aux confins des terres, là où l’âme se réfugie avec étonnement et bravant mille bravades pour enfin reconnaître que nous avions à le comprendre. Hier encore, nous en parlions avec Noémia. J’aime nos petits moments, assises autour de la table ronde. Comme de coutume, elle vient se poser le temps d’un café. Rares sont les personnes qui ont le ton juste de la rencontre. Nous parlons de ce qui nous occupe, depuis des années et des années avec cette constance indéfectible. Nos amis sont ceux de l’esprit et nous savons que par-delà même nos rencontres physiques, il est celles qui sont l’alchimie du cœur. Offrir au monde l’intelligible, sous quelles que formes que ce soient est à nous donner l’acte de présence. Un jour, nous devenons un groupe, nous devenons une assemblée, et même une cité entière. Nous sommes ces esprits épris du cœur et de l’âme. Alors, nous regardons la route qui est un labeur. Invisible au début, mais toujours concentrée en un désir de vrai. Puis cette route rencontre d’autres routes et nous entrons à l’intérieur par la conscience qui nous éclaire et nous délivre de tous les schémas empruntés. Nos amis sont une promesse équitable, sans posture, sans leurre, sans fard. Ils sont aussi à l’intérieur et nous les reconnaissons. Mais qui sont-ils vraiment ? La réalité ne repousse jamais par aucune barrière, mais invite à entrer en silence avec les gestes qui sont ceux du cœur. Sans celui-ci, sans cette âme vibrante, qui est qui ? Ce sont les actes, les paroles, ce sont nos corps qui nous révèlent durant le grand voyage. J’aimerais dire à l’humanité que la vie est un grand voyage. Soyez à ne pas le manquer. Oui, tel est notre désir. Rien de plus.

A vous de tout coeur,

Votre B.

Correspondances XXV

Cher,

J’aime ce temps timide qui nous parle dans la quiétude de nos moments. Les oiseaux sont déjà effervescents, comme accueillant un printemps précoce. La paix nous ne l’avons pas cherchée en tant que telle mais nous l’avons plutôt accueillie à chaque moment. Que sont devenus ces temps de silence que l’on goûtait avec cette défiance presque sauvage ? La force de notre amour a dépassé les frontières de la rébellion. J’avais cette pratique de la solitude déjà très tôt, la préférant aux babillages incessants, mais je ne boudais pas les moments de folies avec mes frères et sœurs. Nous étions cinq enfants, tous avec de notables et sensibles différences. Pourtant, ce qui nous unissait, c’était la force de nos propres parents. Une force liée entièrement à leur présence. En eux, tout était à s’unifier, en eux, tout était à se résorber. Les conflits dans les fratries sont communs, mais la présence du père et de la mère contribuent nettement à les diminuer, si ce n’est totalement à les dissoudre. Père est assurément fou de ses enfants. Nous sommes, sans conteste, sa joie de vivre. Aujourd’hui encore, il ne sait résister au désir de nous visiter, malgré la maladie ; il ne sait vivre sans nous effleurer de sa douce et bienveillante présence. Mère est certes une femme de caractère, mais qui a toujours été juste ce me semble. Seulement, que s’est-il passé pour effacer sa rigueur ? Aujourd’hui, elle est amour. Une lumière diaphane, diffuse jusque dans la carnation de sa peau, l’habite. Elle est d’une beauté époustouflante pour son âge. Sans fard, sans avoir jamais subie aucune intervention artificielle, elle est simplement resplendissante. Je vous disais tantôt que je n’avais jamais vécu ce que l’on nomme la crise de l’adolescence. Je ne comprenais pas à l’époque ce que cela pouvait réellement signifier, ni même pourquoi les psychologues en parlaient comme d’un passage obligé. Ne vous ai-je pas répondu alors que nous vivions cette crise à l’image même de nos dérèglements naturels ? Ainsi, tous, nous vivons cette ouverture qui nous donne aux questionnements existentiels, mais chacun de nous le vit selon ses dispositions propres, selon l’état de son psychisme. Même mon détachement durant mon adolescence s’est fait en douceur. Vous même m’avez évoqué cette période comme étant duelle, mais aussi comme étant une des plus profondes de votre vie. La violence ou non d’une rupture dépend assurément de notre aptitude à y faire face. Sans doute que durant l’adolescence, nous sommes à tailler au burin notre écorchure qui nous donnera à notre sincérité ou non. C’est pour cela que sans m’éloigner vraiment de la richesse de ces moments familiaux, je me suis écartée des miens afin de poursuivre la seule et réelle émancipation qui nous délivre de tout : celle de nous à nous.

Correspondances XXIV

Cher,

D’agréables souvenirs me visitent tel un ami que l’on attend et qui toque doucement à la porte. Le dimanche avait son charme singulier au soir tombé. La nuit caressait la fenêtre de la chambre qui donnait sur le parc. J’étais le plus souvent à recopier un devoir, longtemps travaillé, mûri sur le petit bureau au milieu de quelques feuilles et de petits cahiers. La plupart du temps, j’écoutais les Nocturnes de Chopin. Dans cette chambre, je m’étais façonnée un univers, fait de cailloux ramassés sur les petits sentiers, de quelques roses séchées, de gravures pastorales, de morceaux de mosaïque que j’avais ramassés, je le confesse, dans les ruines de Carthage, lors d’un de nos voyages. Ces pans de l’histoire gisaient à mes pieds, dans la poussière mordante de l’été. En contrebas, la mer, miroir turquoise, était inondée de mille feux provenant du soleil torride. J’imaginais sans peine la présence d’autres êtres, d’autres conquêtes, peut-être aussi le même regard épousant ces vagues lisses, éternellement. Comme il me plaisait à me perdre dans la vieille cité alors que les cyprès s’élançaient droits et altiers vers le parfait azur. J’avais aimé marcher seule au milieu de ces vestiges. Quand mes yeux se promenaient sur les objets insolites que j’avais déposés avec le plus soigneux des agencements, je savais que le temps se superposerait indéfiniment. Mes sœurs se tenaient silencieuses, et parfois je tournais la tête vers elles pour graver en moi la douce lumière de leur visage paisible. Chacune travaillait silencieusement ses devoirs. Le souffle à peine imperceptible, leur beauté de petites filles, nos complices sourires, tout cela donnait à dimanche, son parfum de tranquillité. Comme nous avons ri à ne plus pouvoir, quand je leur lisais quelques histoires qui me semblaient cocasses. Ce soir, ces trésors me sont revenus avec cette même paisibilité.

Votre B.

Correspondances XXIII

Cher,

Le sujet de la mort est bien souvent tabou dans nos sociétés. Pourtant, je considère que celui de la vie le devrait être au même titre. Si nous renversons les choses, nous comprenons que la vie est sacrée tout autant que la mort. Le fait même qu’aucun de nous n’échappe à cette vérité, nous convie légitimement à nous interroger là-dessus. A l’heure où je vous écris, je suis à même de vous confirmer que la mort ne me fait pas peur. Si nous la considérions comme une compagne, alors nous serions à nous familiariser tout simplement à sa réalité. J’écris bien réalité. J’entends par là, que de nous savoir mortels, devient étonnement, une source de guidée et d’orientation. La mort est la plus puissante des perspectives que contient la vie. La mort est une semence et celui qui a percé son secret rencontre en lui l’éternité. La mort est l’enfant qui se laisse vivre. Rappelez-vous, vous me disiez : vous mourrez une autre fois, et je vous souriais. Dans ce sourire, je vous exprimais tout ce que des mots ne peuvent réellement traduire. Il faut sans doute une vie entière pour parler de la mort. C’est un fait avéré : la mort est une compagne fidèle. Lorsqu’elle vous confie son mystère, vous restez hébété et vous naissez au nouveau monde qu’elle vous offre, alors que vous ne savez plus rien. Je sus que la mort était l’âme. Celle-ci est contenue bel et bien dans la mort. Celle-ci vous la révèle et vous parle. Dans ce sourire, j’étais à vous dire que j’étais déjà morte. Je vous disais aussi que cette troublante réalité est, de fait, une promesse, et non pas une condamnation comme nous sommes à l’envisager le plus souvent, puisqu’elle éclaire chacun de nos moments qui nous font acte de présence. Alors, nous sourions et nous vivons, car nous sommes reliés à notre semence.

Bien à vous,

B.

Correspondances XXII

Cher,

Aujourd’hui, dans ce froid presque neigeux, quand les montagnes frissonnent de ne pas avoir leur blanche vêture, j’ai marché. Je faisais attention de bien me tenir droite, vous savez, à cause de la conversation que nous avions eu hier soir, comme aspirée par le ciel. J’ai croisé quelques personnes dans la ville, comme si elles étaient à dormir tout en marchant. Sont-elles si malheureuses ? Je n’ai jamais compris ces tristesses peintes sur le visage à l’image d’horribles masques. Que cachent-ils donc ? Une grisaille que des lèvres rouges rendent plus blafarde. Est-ce l’hiver, est-ce la vie ? Il peut nous arriver toutes sortes d’événements, la vie peut même nous sembler longue, et pourtant, que se passe-t-il alors qu’un oiseau vous surprend par son envol ? Le ciel descend jusqu’à votre bouche et vous courtise. Oui, l’on pourrait pleurer jusqu’au bout de la nuit, et après ? Quelle est donc cette parodie de vie qui s’épuise presque hideusement avant même d’avoir jamais vraiment fini? Après tout, à voir les passants, on se surprend à ne pas être seul, mais plutôt peuplés d’indicibles boutons de petites perles fleuries ; on se surprend d’avoir vécu ce monde avec constance ; ou bien avons-nous seulement été épargnée par une certaine misère mentale ? Pourquoi le froid de l’hiver qui brise les os fragiles des va-nu-pieds et le bout des orteils ne leur enlève-t-il pas le sourire ? Mon père, dont la famille s’était appauvrie durant la guerre, avait passé de longs hivers pieds nus, alors qu’il était enfant. Combien de fois lui ai-je pris les mains, quand il rentrait du travail, et les lui ai-je massées alors qu’elles étaient gercées par le froid ? Mon petit papa, viens par ici, mon petit papa, viens par là. Et il souriait.

Votre B.