La guêpe

La belle âme, geste tendre, esquissée sur les feuilles blanches, qu’une ombre chinoise révèle à contre-jour. Des couleurs qui s’invitent dans la soie épurée et une mouche bourdonne, tandis que la guêpe écoute la voix qui lui conseille : va doucement et tu trouveras la sortie. L’ayant suivie de l’intérieur, la voix résonne tout contre l’infroissable vent et soudain, malgré quelques obstacles surmontés, la guêpe s’évade et la voix de chanter. Pure merveille que voilà ! Quelqu’un parle : sans cette triangularité, tout ce que tu écris te poursuit ; quant à mettre au sommet le soleil, alors tout s’évanouit et c’est ainsi que la forme devient un papillon. Qui étais-tu, Ô guêpe ?

La fauvette

Certains silences tranchent avec le chant de la fauvette. Plus fidèle que la constance, sur un arbre qu’abritent des connivences, de ma fenêtre, je fais le guet et quand vient le vent souffler à bras levés sur l’espace d’un feuillage en transe, je frémis de voir la fauvette s’envoler.

L’araignée

Minuscule et délicate araignée qui court prestement, loin de la main humaine puis enroule de griserie la toile du temps, suspendue au dessus d’un temple. J’ai ri de te voir et suis partie riche de ta complicité. Combien de fois avons-nous convenu d’une entente cordiale ? Je sais que tu m’as entendue et nous vivons toutes deux avec beaucoup de légèreté.

La cigogne

La cigogne déploie l’immensité de son ciel dans l’incongruité de l’obsolescence qui finit toujours son envol au sommet d’un nid, lors qu’élevée dans les hauteurs épandues de son acuité, la voici goûtant au menu dressé, nourritures d’une offrande sacrée. Quand je la vis, perdue dans la lointaine plaine, je m’étendis tout près d’elle, proche de sa gorge lactée et elle n’en fut nullement effarouchée.

Le Milan royal

Le matin arbore ses éternelles ramures et quand le rossignol s’invite au jardin, l’on revoit, sans que, semblable détails n’effacent le précédent, quelque chose qui traverse le ciel. Le silence plane accroché au vol d’un oiseau royal.

Le bourdon

La solitude s’incline doucement vers la terre, courbée par la grâce d’un diffus abandon, tandis que l’âme reconnaît le ciel qui lui parle de mille et une farces, tel le papillon égayé par les soubresauts vifs du balancier opportun. Quand nous quittons le monde, léger, le parfum exhalé d’une pluie estivale, le soupir délicat d’un corps automnal, le renoncement à tout combat, l’amour à son apogée, le bourdon bourdonne et l’esprit s’étonne du miracle de la pure rencontre.