Danse du Haïku

Excursion en montagne, le 24 janvier 2022.

Plait-il à l’instant de faire une révérence, ou bien plait-il à l’instant de se laisser attraper, fugace, comme une perle qui pointe à la plume d’une rencontre ? Osmose et fusion, au milieu du Souffle qui suinte. Discipline résurgente, comme une visite du vivant. Tiens ! que vois-je ? Qu’entends-je ? Cela est l’aube d’un firmament. Déclaration brève, non rebutante, une sorte de porte ouverte à la magistrale Beauté. Nous marchons en silence, et le paysage se transforme en une douce et profonde intimité, dialoguant avec l’étonnante suspension d’un soleil à l’horizon. J’ose à peine jeter un coup d’œil en arrière, et la silhouette des arbres alignés surgit sur le chemin étroit menant à la montagne. Lointaineté. Le soleil a disparu, mais sa lumière continue à donner au chemin une forme nouvelle. Une lumière qui vient d’un au-delà de l’astre. Je pose prudemment le pied sur la pente caillouteuse et parfois verglacée. Mon bâton m’aide à ne pas glisser. Je vais d’un pas prudent et remarque que le chemin révèle une féerie. Le givre jette sur les feuilles du chêne et les herbes sauvages, une suave laitance, tandis que les vieux murs en pierre blanchissent à la lueur du jour déclinant. De petites fluorescences apparaissent et clignotent discrètement. Sont-ce des étoiles tout le long du sentier, ou bien des créatures surnaturelles, scintillances qui nous font signe ? Le paysage s’immobilise et la présence est soudainement si puissante que je respire à peine. La nuit finit d’envelopper la montagne. Nous sommes chez nous partout. Partout est une maison.

La montagne décline,
Le soleil, notre ami,
Comme il nous suit !

4 réflexions sur “Danse du Haïku

  1. Merci pour cette randonnée Béatrice. Ça me fait penser à ma randonnée dans les montagnes de ma région natale que j’ai effectuée l’été dernier dont je vous livre la vidéo que j’ai faite avec la voix off de notre poète attitré Moufdi Zakaria. C’est à partir de ces montagnes que le vent de la liberté a dissipé les brumes de la longue nuit coloniale.

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    • Merci de tout cœur Ahmed. Quelque part, flottent mes pas dans quelques contrées lointaines d’Algérie. Mon père, très friand de grands voyages nous a fait vivre de drôles d’aventures. Plus récemment, je me suis retrouvée encore à traverser ce fabuleux pays.

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