Éternité

Œuvre de Louis Janmot

Le soleil baigne à la pointe du jour et l’homme fait quelques pas. Au loin, furtifs, les craquements de l’aurore, bleutée de pourpre et d’argenté, étreint, du souffle léger, le corps du Poète. Il se voudrait s’emparer de l’instant, mais, le cœur serré, la beauté le transperce sans guère l’épargner. Dans la blanche solitude écartelée, il lève un regard vers l’éternité. Sais-tu que les mots sont arrivés avec le parfum de toute chose déjà éclose ? Le poème vient du cœur, la rose entrouverte, l’effusion tremblante d’une roseraie. La vie possède sa victoire, et le monde périt sous le regard des absents. Vous me dites que la vie est l’Amour et que l’Amour est une lente progression vers la mort. Puis, vous me dites que la mort encore est l’accueil inévitable de l’Amour. Vous me dites aussi qu’un simple plissement du cœur est une porte ouverte vers l’éternité. Je vous tiens la main depuis tout ce temps, depuis cette même éternité, le saviez-vous, et je chante ces mots que vous trouvez avec la frénésie des vainqueurs. Vous pleurez chaque mot qui sont tels de suaves embrasements et vous me voyiez esquisser, à la pointe de mes mains, chacune de vos palpitations. Vous posez la tête sur l’épaule invisible de la grâce. Parfois, vous courez vers moi et je vous enlace. Nous nous tenons serrés l’un contre l’autre et nous respirons nos êtres avec l’intensité des gens libérés des affres et des soubresauts du siècle des ténèbres.

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