Le père

Dans le désert, là où poussent, presque minuscules, des petites plantes insignifiantes au regard des passants, perles pour les itinérants, j’ai vu tes mains tisser des joncs de lumière, et depuis, je songe aux liens de nos pas survenus en ces teintes rosées du sable. Te souviens-tu, l’homme, le fils de l’homme et le fils encore de l’homme, nous servir dans l’oasis de notre adolescence, non loin des palmeraies, un verre de lait ? T’ai-je assez vu ? T’ai-je assez regardé ? Tu avançais, sûr de toi, l’homme qui avait traversé les pays de France, jeune et rieur, compagnon des compagnons du travail. T’ai-je vu autre ? Nimbé d’une lumière divine, l’homme, chandelle rayonnante de notre enfance. Tu étais tous les hommes, si charmant avec tes odeurs félines, l’odeur du penseur, avec le bagou des séducteurs, des charmeurs, l’assidu, parfois, le prédicateur. La virilité de ton corps, la radiance de ton regard. J’étais, sans songer, à voir les autres, sans les voir, toi, les effaçant, emplissant le ciel de ton être. Je suis descendue jusqu’à ne savoir plus que remonter, Ô homme !

Peinture de Joseph Clark (1834-1926)

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