Entre ces mondes

La mort bien douce, où qu’elle soit, comme l’abandon suprême entre tes bras, et d’où qu’elle vienne, elle est déjà là, comme le vent qui passe et le cœur parle de ce qu’il voit. Je vous ai vus comme l’on voit depuis l’au-delà, dans un murmure, la caresse d’une conscience, déjà le souvenir entre deux mondes. Je vous ai vus, et vous emporte comme l’on porte son regard bien au-delà. La nudité d’un arbre éloquent au son d’un entrelac. La phrase qu’un homme prononce au rivage de la solitude, je vous ai vus, un à un et le cœur a ralenti jusqu’à percevoir l’imprévisible vision. Où que cela se passe, tout est une phrase qui se déploie. Penchée sur les livres, la lumière diffuse sur les murs les ombres d’un alphabet et ces signes, un à un, sont les mains jointes de notre unique amour. La mort est douce aux lèvres à peine échancrées par le souffle qui passe. Que me dis-tu ? Me dis-tu ces choses que l’on tait parce que la gratitude est un silence vif de noble sérénité ? Mon ami, je vogue au centre de tes yeux et je flotte sur l’iris d’un océan plein de toi. C’est entre ces mondes que nos âmes jumelles se parlent, se reconnaissent et se disent ces mots dans le velours d’un écho.

Peinture de Alfred James Dewey (1874 – 1958)

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