Enseignement 教學

L’on m’enseigna l’amour,
Je fus heureuse,
L’on m’enseigna la joie,
Je ne fus jamais malheureuse.

L’on m’enseigna le détachement,
Je fus libérée,
L’on m’enseigna les Arts,
Je voyageai.

L’on m’enseigna l’accueil,
Tous les univers furent mon jardin,
L’on m’enseigna le contentement,
Jamais je ne connus la frustration.

L’on m’enseigna l’épreuve,
Je fus sauvée,
L’on m’enseigna l’écoute,
J’entendis le silence.

Réminiscence

Quelques gouttes transparentes,
Du toucher malhabile,
Esquissées dans la lenteur,
Le silence souffle,

L’imperceptible vie,
Quelques précieuses volées,
La ville comme imprécise,
Me parle.

Fleurent nos pensées,
Les rayons se croisent,
Le soleil s’épanche,
D’une réminiscence.

Le sourire

Certains hommes deviennent des loups et d’autres des rapaces, et d’autres d’ impudiques cœurs délétères. J’ai très peu connu les hommes, mais j’ai tendu les mains à certains. J’ai perçu de la lumière chez les humbles. J’ai vu aussi certains êtres se métamorphoser. La rencontre est chargée de grands mystères. En allant de par le monde, j’ai même dormi chez des inconnus dont l’hospitalité était une merveilleuse évidence. J’ai tâtonné dans le couloir de la relation, et c’est en marchant lentement que j’ai vu l’autre. Je lui souris, d’abord d’hébétude, puis, je lui souris éternellement. Tu me rencontreras dans ces sourires de lumière, et je marche à chaque instant incognito. Personne ne connaît mon nom, ni mon visage, mais le sourire est ma maison.

Petit corps

La détresse,
Semblable élan,
Comme un rayon,
Flotte fragile

Petit corps,
L’homme rêve,
Aux femmes seules,
Les hautes mers,

Puis, l’écume invisible,
Par le rêve défait,
L’aube d’une vie,
S’est-il donc affranchi ?

Discernement 遠見

緩慢的沉默,年齡的成熟,歡迎和仁慈的感覺,揉合我們的好客,動力的幸福,不拿的意外。

Le silence de la lenteur, la maturité de l’âge, le sens de l’accueil et de la bienveillance, l’hospitalité qui nous pétrit, le bonheur de l’élan, l’inattendu sans le « prendre ».

Il est une sagesse qui vient des anciens et qui se laisse volontiers « enseigner » et la plus belle des leçons est sans doute celle qui nous invite à la lenteur. Celle-ci nous enseigne à observer en nous et à discerner.

Merci

J’aimerais remercier tous ceux qui voyagent et qui tissent une jolie trame en ce monde. Je les remercie, car je ne sais pas faire autrement que de manifester toute ma gratitude pour tous ces témoins, pour les aventuriers, pour les pionniers, pour les êtres bien vivants et en paix avec la vie. Je les remercie, et c’est une joie de le pouvoir faire présentement. Je les remercie de partager leur espace et leur temps afin que les nobles âmes se rencontrent et apprennent simplement.

Béatrice D’Elché, le 12 janvier 2021

Voyage III

Avec le chaleureux assentiment de Laurence Délis, Voyage Restropective I et Voyage Restropective II, Je vous propose de continuer ensemble cette invitation au Voyage, inspirée de ses fabuleuses œuvres. Merci à Laurence pour ces belles représentations.

Nous ne cherchions rien, nous avions découvert le fait même d’être en mesure de découvrir et l’indolence des mots couverts de nos appréhensions devenaient des furtivités incantatoires. J’imprimais sur certains parchemins nos évidences. Nous avions pu nous délivrer des modalités du monde et c’est à ce moment même qu’il se conçut un miracle inouï : nous n’avions plus besoin de manger, ni de boire, ni de vivre les occupations communes. Nous nous étions échappés du rêve. De l’autre côté, nous avions chapitrés les moments ininterrompus de notre interrogation. L’éphémère était une discipline, le réveil une trêve. Nulle vicissitude. Nulle astreinte. Nous rîmes tout le temps d’une seconde, celle qui fut l’apparition furtive de notre joie éternelle et nous observâmes que tous les océans étaient à se rassembler en une danse éblouissante de magnificence. Ils fusionnaient tous en une myriade de couleurs et de textures singulières. La plus vaporeuse des teintes fut une vague déchainée dans l’émeraude d’une alliance peu commune avec celle d’une opale. Nous n’écartâmes pas la possibilité que la réalité entraperçue des couleurs soit finalement l’infinité de nos soupirs perdus dans l’extase d’une vie entière.

D’amour

Ils étaient deux dans le ciel,
S’enlaçaient tels des amants,
Je les suivais comme étourdie,
Ils étaient mon euphorie.

Ils étaient deux dans le vent,
Tournoyants indéfiniment,
Je riais de leur bras au firmament,
Ils étaient de grâce et d’étonnement.

J’étendis sur la plaine,
Des pas blanchis par leur trace,
Je leur confiais un mot ou deux,
Ils étaient d’amour amoureux.

La ville

La ville survolée,
Ivre du vol d’un oiseau,
Ose à peine respirer,
Brassée de froid.

La splendeur d’autrefois,
Lumière d’un souvenir,
Nos mots se voient,
Combien de tuiles sur un toit ?

La rivière a ses rondeurs,
Doux cercles qui clapotent.
J’aimerais être leur voyage,
Oraison invitatoire.

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Estampe de Tsuchiya Koitsu (1870-1949)

Fenêtre hivernale

Le crépuscule avance,
Tremble lentement,
Le froid pénétrant,
La nature s’éveille.

L’expiration est un terme,
Savamment engourdissant,
Puis les mots s’attendent,
Le cœur en silence.

Quel est ce soupir ?
La fenêtre seule,
Sur les toits s’élance,
Un effet pensif à la chaude haleine.