Le chêne

Je te vois encore venir, comme un voleur, subrepticement, au milieu des arbres, et tandis que je te regarde presque à la dérobée, sous l’angle caché de mes yeux voilés de toi, j’accueille le sourire de tes pas, le frôlement de ton regard, l’incisif regard que je ne peux oublier. Ce soleil verdoyant dans les branchages, ton corps flottant, et ton histoire qui submerge mon âme hantée de toi. J’étais assise sous le chêne qui me tendait ses bras et je t’aimais d’être notre possible. Je t’ai vu depuis longtemps et ne t’attendais pas. Nous nous sommes regardés. A quoi donc pouvaient servir les paroles ? Nous nous étions retrouvés. J’aimerais ne savoir jamais te perdre comme j’aimerais savoir inscrire toutes les secondes de notre proximité. Avec la plume pointue, je grave sur les pages de notre livre l’impossibilité de t’oublier. J’y écris les instants de notre chant. L’amour défie l’espace, l’amour piège le temps. Rien n’est perdu.

***

Peinture de Seth Haverkamp

Publicité

9 réflexions sur “Le chêne

  1. Pingback: Réaction en chêne | Pays de poésie

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s