La pomme

Peinture, la pomme, de Jane Palmer

Si j’étais à observer, je verrais dans le ciel quelques nuages se disperser, et j’entendrais aussi les oiseaux s’émouvoir du soleil automnal. Ici, en longeant les murs de pierres, l’on voit s’élancer les arbres vers des hauteurs inéluctables. L’on peut feindre certaines réserves, mais l’automne revient comme un refrain ancré dans les senteurs boisées, d’une violence quasi hallucinatoire. Il est une sorte de maîtrise qui devient l’indifférence. Mais est-ce bien de l’indifférence ? Notre engagement est le gage d’une grande sérénité. J’aime l’oiseau qui me rappelle, avec force, à la véritable puissance de l’écorchure du pur chant. Si vous le suivez du regard, vous n’avez rien vu. Mais si vous l’écoutez, vous entrez dans le secret. Parfois, les souvenirs s’abolissent complètement, et parfois ils dansent allègrement. Du reste, je suis à comprendre qu’il n’y a aucun souvenir. Aucun ne remonte par un effet de remembrance lié à notre sentimentalité. Ces souvenirs sont tous à nous parler, à nous dire les choses que nous avons pressenties. Alors, alors, et cela est réellement étonnant, nous découvrons, tel Newton, l’irréversibilité d’une pomme. Celle-ci résonne jusqu’aux profondeurs les plus insoupçonnables et atteint sa cible. Jubilation ! Ô Pomme d’amour !

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