Vésuve

La solitude ressemble parfois à un éclat de rire qui défroisse certains plis. La femme ne voit pas comme un homme. Elle s’en étonne. Puis se retourne lentement avec le soleil au bas du ventre, envahie par l’émotion d’une incalculable seconde. La femme n’a que faire des explications ; elle s’assoit en silence puis vide sans inconsistance un humour provocateur. La femme devance mais ne revient jamais par inadvertance et n’a besoin d’aucune promesse, car celle-ci devient alors presque une offense. Elle marche maintenant dans la rêverie et pose sur le sol un petit talon tordu, inexacte révérence, puisque d’indolence, la main s’évertue à ne rien dire d’autre que le moment suspendu. N’y comprenez rien, il s’agit d’une rêverie sans lendemain. Il s’agit tout au plus d’une sorte de vague d’impression et d’un rire qui retentit jusqu’à la simple offrande, offrande intemporelle et délibérée. N’y voyez rien ! J’ai fait quelques pas dans un jardin, ce matin, et tout contre mon cœur, j’y dégustais une étrange saveur : il s’agissait des nourritures héritées* depuis une grave intensité d’adolescente, dans l’antique vision d’un Vésuve, alors qu’un navire accostait, et que la mer devenait le lac d’azur aux couleurs turquoises et mordorées.

*Allusion aux Nourritures terrestres d’André Gide.

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