La sauterelle

Traverser les flammes infernales ; tenir la flèche incandescente et entendre le vent arracher les lambeaux de nos afflictions ; regarder en face les voiles de nos acharnements ; apprendre, surprendre, offert sur les falaises de nos rudes franchissements, balayé par les rafales insoutenables, croupissant dans les vallées sanglantes de l’âme ; se tenir debout avec la bravade des obstinés et ne jamais abandonner. D’avoir ainsi écouté, l’on est conduit par l’esprit du monde ; il vient, cet ami, sans ne plus vous quitter. Les mots se bousculent, la chair visite les déserts, longs voyages, au soleil levant, dans les montagnes, jusque dans les mers vastes et profondes. L’on en vient à s’assoir et à sourire. Parce que le feu n’a pas été le feu, ni l’obscur sortilège, un monstre disgracieux, mais bien la sagesse alchimique. De longues heures à laisser le monde nous apprendre. Nous ne sommes ni conquérants, ni gouvernants, ni batailleurs dans aucune cité. La petite sauterelle m’apprend à lire muettement sur les lèvres d’un dormeur et soudain, je vois l’éveilleur. Il s’agit d’une lanterne, dans la nuit bouleversante, elle-même présente au chant des grillons que les étoiles allument de douce poésie. Combien de secondes sont une éternité ?

4 réflexions sur “La sauterelle

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