Folie et raisonnement

Certaines idées farfelues provoquent le déchainement raisonnable des penseurs, mais comme nous ne comprenons rien à leurs propos, nous voyons arriver en courant la folie qui prend toutes sortes de divagations notables. La plupart du temps la folie s’affole et prend ses jambes à son cou. Mais quand la folie inaugure les lieux de sa magistrale détermination, celle-ci s’assoit très sagement sous un arbre et compte les ailes des papillons. Pour chaque aile, elle voit distinctement les envolées légères de son détachement. La folie exprime à voix haute, au vu et au su de tous, sans aucun état d’âme, la cohérence de son absolu détachement. Les béquilles ne sont certainement pas celles que l’on croit et combien de fous marchent avec la régularité des estropiés ? Bien sûr que seule la folie dit la vérité. Mais sans doute existe-t-il deux types de folie. L’une consiste à imaginer le raisonnement, tandis que l’autre en rit ouvertement. Entre les deux, il y a la peur. Savez-vous ce que me confia la sagesse ? Les fous les plus dangereux sont ceux qui ont peur. Ils alimentent la démence en feignant de ne pas avoir peur, mais dans le fond, ils éprouvent la peur la plus incommensurable qui soit. Ce monde vit sous l’effet d’une peur à peine déguisée.

Une réflexion sur “Folie et raisonnement

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