Correspondances XXVII

Cher,

Certaines promenades n’ont jamais de fin, ne semblent jamais commencer, nous apprennent à regarder le sentier, les traces du vivant dans les poussières, dans les froidures de la nuit, quand l’on entend le dernier chant d’un oiseau égaré, quand l’errance n’est plus torpeur, dans la grandeur de la solitude, que les mondes se rencontrent sous la forme d’une longue révérence et que notre cœur devient léger depuis la hauteur d’une lune qui courtise un soleil facétieux. Je vous ai longtemps regardé, comme définitivement liée à votre être, et l’univers entier tournoie, ivre de ce qui ne sait se limiter et je puis vous l’exprimer, en petite rosées fines, posées à l’aube sur le bec délicat d’un pinson qui nous suit depuis le soir. Sur le mur d’en face, l’arbre (vous savez, le lilas) nous dit bonjour et je le salue. Les moineaux bavardent et je les rejoins. Ce moment printanier dans les branchages d’hiver est une douce faveur. Bien sûr, je ne sais pas ne pas aimer et quand la nuit se dissout dans le jour, je rencontre de nouveau ce sentier, puis le marronnier, le platane, le chêne, le saule près du ruisseau, l’érable, les joncs et quelques prunelliers. Oui, mon cher ami, la promenade est comme une perpétuelle envolée et notre amour a élargi l’espace, les cellules de notre chair, les clapotis de lumière, les terres sans limite, notre mémoire continue. L’instant est pure joie. La vie est notre parchemin. Il n’y manque rien.

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