Lettres mortes

Je m’en vais
Sans les mots,
Défaite de toutes les voyelles,
Juste avec mon pinceau,
Et je brave les timides hirondelles
Qui s’en viendront bientôt.
Je m’en vais,
Courir les petits ruisseaux,
Et tremper les consonnes,
Afin qu’elles se parfument d’ambre,
De paradis nocturnes,
D’étranges morceaux,
De notre chère lune,
D’humeurs opportunes,
Des bêtises de nos heures,
Quand attirée par la lueur
Les lettres se heurtent
Aux arbres, puis aux fleurs,
Et voilà qu’elles s’étonnent,
Et se regardent.
– Tiens-donc !
– J’ai vu un A qui bousculait un B
N’en dites rien à personne
Je vous en sais gré.
Les lettres ont fait une ronde
Je me suis mise à danser.
– Mais quelle est donc lettres mortes
Qui gisent à vos pieds ?
– Ce n’est rien,
Je viens tout juste d’éternuer.

3 réflexions sur “Lettres mortes

  1. Pingback: Vingt-deux lettres | Pays de poésie

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