Les rues

J’ai vu un homme affalé de tout son long sur le trottoir. Je ne sais pas s’il était ivre ou s’il avait décidé de dormir dans le froid, ou bien s’il était mort. Je suis passée à côté sur la pointe des pieds. Je crois avoir aperçu son visage bleui. Il ne fallait peut-être pas le réveiller ? Un homme est venu vers moi, il sentait si fort que j’ai cru que j’allais m’évanouir. Il parlait dans une langue étrangère. Polonaise ? Il était vieux et beau, mais son visage était noirci par des jours et des jours de poussière et même de folie, je peux en témoigner. Quand nous nous sommes quittés, son odeur m’a hantée. Il flottait des relents d’urine partout. J’ai marché longtemps pour m’en défaire. Où pouvais-je bien aller pour ne pas exister ?

Publicité

3 réflexions sur “Les rues

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s