Correspondances VII

Cher,

Sans considération pour la vie, nous nous enchaînons en permanence dans les revendications égotiques. Revendiquer procède de l’ego tandis que vivre relève de l’âme. Quand nous ne désirons plus rien, quand le monde s’envole, semblable à une plume dans le vent, ou bien tourbillonne comme une feuille à la dérive, quand tout s’efface, quand tout semble même se disloquer, quand l’océan nous rejette naufragés, soudain, nous ouvrons les yeux à la vie, hébétés. Quand la vie nous prend nos pères, nos mères, nos enfants, nos croyances, nos rêves, nos émotions, quand la vie implacable nous jette loin du bateau, après le fracas des tempêtes, que reste-t-il ? La sincérité est l’authenticité que personne ne veut vivre. Chacun se vautre dans les manteaux de l’illusion. Rage, colère, haine, jalousie, guerre. Que combattons-nous réellement en projetant sur l’autre notre propre vision ? Qui voyons-nous en l’autre ? Qui est l’autre ? Celui qui a tout perdu n’a plus aucun besoin, y compris d’être. Il s’évanouit dans le grand Être. Oui, très cher, il s’agit d’un évanouissement, d’une résorption. Parce que, lorsque nous perdons tout, nous voyons celui qui vient vers nous et nous demeurons stupéfaits. Telle est la mort. Telle est la vie. Rien n’est réellement perdu. Il s’agit seulement d’un passage. D’une continuité… D’une histoire sans fin.

Bien à vous,

B.

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