Correspondances VI

Cher,

Je relis notre correspondance, comme la pure essence de notre élan. Suis-je à nous visiter, à tout actualiser comme vous m’en fîtes la remarque dernièrement ? Que vous ai-je donc répondu alors ? Il me semble que je revisite effectivement le jardin présent. Certes, parfois, nous avons cette tendance à penser que tout nous est acquis, que, la chose entendue, nous n’avons plus rien à entretenir. Or, le jardin est précisément ce que nous cultivons et de vous relire, de me redonner à cet instant n’ôte en aucune façon le charme de notre présente présence. Mais, avons-nous uniquement voulu nous nourrir à la sève de notre être ? Nous sommes-nous volés ces moments ? Très tôt, en ce puissant élan de nos âmes, nous avons trouvé la clé de notre accord. N’est-ce pas ? Celle-ci est à l’unisson du champ de vie qui s’offre ici, l’unique son en harmonie avec le vivant. Nous avons mutuellement franchi une passerelle et nous avons avancé chacun l’un vers l’autre, à pas égaux. Cette réalité s’impose à moi comme une évidence que je ne peux nier : nous sommes les géomètres de l’espace-temps. Non pas celui qui se donne par nos sens externes, mais tout d’abord par notre corps vibratoire, sans doute aussi notre corps de mémoire. Qui sommes-nous ? Nous a-t-on appris à laisser les choses nous parvenir ainsi, en les renouvelant ? Après avoir fait le tour de la question, un tour existentiel, d’abord embryonnaire, puis allant vers la complétude progressive en ces circonvolutions larges et bien souvent resserrées, nous avons, ce me semble, appris à être des apprentis.

Bien à vous,

B.

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