Correspondances I

Cher,

Je viendrai ici vous dire ce qui nous manque et je viendrai ici aussi vous dire combien sans vous attendre, assise près des récifs de l’âme, les rochers semblent encore bien trop doux devant la présence impalpable. La campagne froide est l’hiver qui attend votre chaleur et la nuit ne nous semble pas longue tant que les mots valsent encore. Ce que j’aime ou n’aime pas est semblable au vent qui devient bourrasque. Je ne vous nommerai pas encore, car vous êtes tellement en moi qu’il me faut prendre toute cette distance pour mieux voir. S’il faut ciseler chaque instant que le temps tisse, je ne ferais pas comme celle qui défaisait sa quenouille après l’avoir enfilée, mais, je glisserais chaque perle sur le fil tendu de mes blessures et je vous dirai combien ce sont elles qui font de moi ce tremblement passif. Peut-être vous ai-je imaginé, ou peut-être est-ce vous qui venez me tirer de votre propre rêve ? Que sais-je ? La folie emplit cette maison de toutes nos insensées méprises, mais que faire si ce n’est laisser au silence le soin de lisser nos aspérités ?

Bien à vous

B.

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