Le rossignol

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L’âme ne s’appartient plus des effluves incolores, de l’aspiration du jour insonore, des balbutiements d’un décor et rien qui ne s’efface encore, juste se résorbe lors que deux rencontrent l’aurore, et la nuit fragile fait de la place au jour, dernières étreintes délicates, le rêve songe aux escapades, là-haut, quand le sourire plane et que le rossignol se cache, furtif et constant.

La phrase

Le matin ivre du silence sur les toits émerge du ciel encore noir, et comme un petit point que l’on trace en boucle insistante, que l’on grave à la mesure de l’infini, un seul point que les jours enlacent, le cœur jusqu’au bout des doigts, quand la folie embrase les pâleurs, que tout devient oriflamme et sourit du retrait, quand la phrase n’a plus le retour, parcourt sur le clavier la note qui change la pâleur en certitude.

Derrière un mur

Des milliers de gens qui cognent derrière un mur, ou bien est-ce derrière une vitre, frangée de terre et puis d’armure ? C’est pour cela que je suis partie sur la route. Il fallait bien trouver quelque chose. Tous les discours s’écorchent sur le granit, mais le cœur est la seule réalité, alors j’ai plongé, puisque c’est là qu’il me fallait aller. Plus rien n’embrase mon cœur, ni même l’éternité, puisque tant de gens ont peur et que je n’ai qu’un seul allié.

Rêve d’un corbeau

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Affamée, bien que trop troublée par les incessantes allées, je vis s’approcher un drôle d’animal ; il retint toute mon attention. Sur l’herbe d’un vert prononcé, je sus qu’il ne fallait point s’attarder, car les circonstances du décor se sont de beaucoup atténués et voilà que le rêve trébuche sur cette démarche, tandis que le corbeau qui atteint presque la manche de mon manteau me regarde fragile et je suis attendrie. Que s’est-il passé ? Le corbeau rêve que je lui tende la main et de tendresse, son aile m’a effleurée.

Le mendiant

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Ton souffle irradiant de peine n’ajoute aucune peine, ni ne retient aucun des instants qui surviennent et lorsque l’homme qui t’interpelle, oiseau posé sur le trottoir, des parcelles d’une ville qui s’amoncelle, ce mendiant qui prenait le monde en otage et toi de lui donner maladroite, ces quelques victuailles, l’oiseau de s’effaroucher et toi de dire : prends puisque tu le demandes, prends donc ce cœur et l’emporte, mendiant, prends donc et va loin, ne reviens plus sur ces pas gris de la ville, retourne dans ton village et sois le prince de ton pays.

Le peintre

S’il n’est de divine consolation, à quoi bon courber le dos devant les aspérités et je suis à marcher, lorsque je sens ta main m’arrêter et de me tourner pour voir en toi toute l’humanité et ne plus jamais pleurer seule sur les croches noires d’un gigantesque tableau, mais vois-tu, Oh, le vois-tu, quand l’image disparaît, le ciel par le peintre hébété, devient touches blanches, légères et en rangs serrés flottent pour te murmurer : regarde, la beauté est de grâce et de volupté. Les yeux de l’autre… Purs au cœur, tandis que rondeur en ces voletées de l’âme, frémissante, étonnée.

Le don

Ce matin, tu fredonnes les souvenirs, qui deviennent graines de lumière, évasés par le miroitement des pensées qui dansent. Ainsi, le soupir se transforme en présence et lorsque le soleil d’automne frissonne, le printemps n’est pas loin. Il se glisse sous les feuilles et soulève un pan du monde. Je ne serai plus jamais comme avant, échappée du bruit, ivre comme le vent, je ne serai plus comme avant, perdue dans les abîmes, celles de la seule gloire, celles du jour. Ne voyez-vous pas que ce matin est un corps entier et que chaque chose se pose légère et que chaque chose s’envole sans rien retenir ? Ne voyez-vous pas que la vie sur terre est une maison et qu’il faut prendre le temps, le laisser s’engouffrer hors des circonstances, jeter un pont, faire de soi un don ?

L’arche

Me voici, me voici, me dis-tu en cette intention scandée de souffle et je ne sais plus rien qu’aller sur le sentier qui occupe entière mon aspiration, tandis que voir se profiler ta silhouette donne à chacun des arbres qui bordent la route la plus sublime des apparitions. Tu n’as pas besoin de marteler du pied, puisque le cœur attentif prend la mesure de toute chose et, à cet instant, extrait du silence, le présent te rejoint en l’arche qui fait de moi ton attente. Tout cela t’est dédié, et il pleut pudique un entrelacement de joie. Me voici, me voici…